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Un opposant français, Jean Messiha invente une histoire contre le premier ministre britannique

Sous la plume de Thomas Deszpot, LCI a mis en ligne, le 12 février dernier, un article intitulé : « Le président congolais Sassou-Nguesso a-t-il été snobé par Boris Johnson et enlacé dans la foulée par Emmanuel Macron ? ». Ce texte clair et précis, démontre combien certains politiques français sont à l’affût des faits et gestes, mêmes imaginaires, posés contre Denis Sassou-N’Guesso ou par lui, pour espérer exister politiquement chez eux.

En effet, un opposant au président français, Emmanuel Macron, Jean Messiha, membre du bureau national du Rassemblement national s’est ingénié à inventer une histoire de toutes pièces, en accusant le Premier ministre britannique d’avoir tenu des propos discourtois à l’encontre de Denis Sassou-N’Guesso. Sauf que, visiblement, Jean Messiha est le seul à les avoir entendus, quand bien même il n’était pas sur les lieux, à Berlin. D’ailleurs, LCI qui a pris soin de vérifier les faits affirme que le cabinet du premier ministre britannique « dément lui aussi le fait que Boris Johnson ait refusé une poignée de main, ou toute autre forme d’hostilité à l’égard du dirigeant congolais ».

En effet, selon Jean Messiha cité par l’article de LCI, Boris Johnson a qualifié de « criminel » le chef de l’Etat congolais qu’il aurait dans la foulée, refusé de saluer, en marge de la conférence internationale sur la Libye, à Berlin. Les faits décrits dans l’article de LCI prouvent que l’extrémiste français a simplement créé l’occasion d’exister politiquement, à travers un sujet imaginaire qui intègre, sans conteste, le cadre de l’acharnement dont le Congo et son chef font l’objet régulièrement, notamment de la part des membres du parti d’extrême droite français. Louis Aliot fait partie de ces lobbies français qui veulent sacrifier le Congo sur l’autel du néocolonialisme.

Ci-dessous, l’intégralité de l’article de LCI.

« Le président congolais Sassou-N’guesso a-t-il été snobé par Boris Johnson et enlacé dans la foulée par Emmanuel Macron ?

Des opposants à Emmanuel Macron, d’extrême-droite notamment, l’accusent de soutenir chaleureusement le pouvoir congolais et son président Denis Sassou-N’guesso. Ils s’appuient sur une vidéo tournée à Berlin et dont LCI a retracé l’origine.

Membre du bureau national du Rassemblement national, Jean Messiha s’en est pris à Emmanuel Macron dimanche. Il a diffusé une vidéo dans laquelle on observe le président de la République enlacer son homologue congolais, Denis Sassou-N’guesso. "Macron, le progressiste qui donne des leçons de droits de l’homme à la terre entière […] tombe dans ses bras dans une accolade chaleureuse", a-t-il lancé, saluant au passage la réaction de Boris Johnson.

Sur ces images, le Premier ministre britannique "refuse de serrer la main du président du Congo", note Jean Messiha, ajoutant que Boris Johnson a qualifié de "criminel" le dirigeant africain. Cette vidéo, largement relayée, est parfois accompagnée d’autres propos. Des internautes indiquent en effet que l’ancien maire de Londres aurait justifié de ne pas saluer Denis Sassou-Nguesso en prononçant la phrase suivante : "Je suis désolé, je ne serre pas la main à ce Monsieur, c’est un criminel...".

Lorsque l’on tend l’oreille pour écouter les propos tenus dans la vidéo, le brouhaha ambiant gène considérablement la compréhension. Les mots prononcés par Boris Johnson sont inaudibles et le "sorry" (pardon) que l’on peut discerner n’est clairement pas prononcé par le Premier ministre britannique. Impossible donc, en consultant les images, d’assurer qu’il aurait qualifié de "criminel" le chef d’État congolais.

L’échange entre Denis Sassou-N’guesso et Emmanuel Macron n’est guère plus facile à comprendre, mais l’on entend le président français indiquer "je vais bien moi", ce à quoi le dirigeant congolais répond : "je vois ça". Leur longue accolade se termine par des éclats de rires et de grands sourires.

Avant de tirer des conclusions hâtives, il convient de retrouver le contexte dans lequel ont été tournées ces images. Des recherches permettent de remonter à un sommet sur la situation libyenne, le 19 janvier à Berlin. Une rencontre chapeautée par Angela Merkel et qui réunissait de nombreux dirigeants, parmi lesquels Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdoğan.

L’analyse des photos et vidéos officielles réalisées lors de ce sommet apporte des informations précieuses. Une séquence tournée par l’Agence France Presse montre en effet un geste amical de Boris Johnson envers Denis Sassou-Nguesso au moment de réaliser des clichés officiels. Une attitude qui ne correspond pas vraiment à celle d’un dirigeant hostile à son interlocuteur. Les deux hommes sont d’ailleurs réunis l’un à côté de l’autre sur la "photo de famille".

Une séquence détournée, regrettent les autorités congolaises

Quelle était la teneur des échanges entre les chefs d’États congolais et britanniques à Berlin ? LCI a contacté Valentin Oko, à la tête de la presse présidentielle de la République du Congo et qui était présent lors de ce somment en Allemagne. "J’avais tenté depuis Berlin d’éteindre cette polémique qui, pour des gens sensés ne devraient pas avoir lieu d’être", lance-t-il en préambule. Les deux hommes, indique-t-il, se sont serrés la main, "puis sont restés, presque l’un à côté de l’autre, pendant un certain temps, jusqu’à ce que le président Macron n’arrive et se joigne à eux, dans une ambiance parfaite et conviviale".

Que pense-t-il de la vidéo, interprétée comme un geste de défiance de Boris Johnson ? Ce sont des images "prises à la sauvette par nos services", assure Valentin Oko, "nous les avions postés aux fins de promouvoir notre communication et j’étais loin de m’imaginer que les voyous pouvaient les utiliser à des visées abusives".

À Brazzaville, on juge infondées ces affirmations : "Si Monsieur Johnson ne supportait pas le président Sassou-N’guesso, alors que faisait-il là, à ses côtés ? Monsieur Johnson avait tout le loisir de quitter l’antichambre où se trouvait le ’dictateur’ pour se faire une place ailleurs", souligne le directeur de la presse présidentielle. "Pourtant il y est demeuré plus d’une dizaine de minutes durant, attendant l’arrivée de messieurs Erdogan et Poutine."

Sollicité, le cabinet du Premier ministre britannique a interrogé ses membres présents lors du déplacement à Berlin. Il dément lui aussi le fait que Boris Johnson ait refusé une poignée de main, ou toute autre forme d’hostilité à l’égard du dirigeant congolais.

La France ménage ses relations avec le Congo

Les opposants à Emmanuel Macron qui ont relayé les rumeurs en marge du sommet de Berlin ont également pointé du doigt l’attitude du chef de l’État, très chaleureux envers le président Sassou-N’guesso. Ce dernier, régulièrement accusé de museler l’opposition, est à la tête du Congo depuis 35 ans en cumulé (de 1979 à 1992, avant de retourner au pouvoir en 1997).

La France entretient des relations ambivalentes avec ce pays d’Afrique centrale, ancienne colonie devenue indépendante en 1960. Paris demeure aujourd’hui un partenaire économique majeur et le premier investisseur étranger, ainsi que le premier donateur en matière d’aide pour le développement. Un lien incarné par Jacques Chirac, soutien fidèle de Denis Sassou-N’guesso : à la mort de l’ancien président, le leader congolais s’est dit "vraiment bouleversé", regrettant la disparition d’un "ami personnel, un ami du Congo et de l’Afrique".

L’accolade et le tutoiement dont use Emmanuel Macron envers son homologue n’est que le prolongement d’une position entretenue avant lui par les pensionnaires de l’Elysée. Il faut ainsi rappeler qu’en 2015, François Hollande avait soutenu le principe d’un référendum au Congo visant à modifier la Constitution. Une consultation dont les résultats ont été contestés mais qui avait permis à Denis Sassou-N’guesso de briguer un nouveau mandat, lui qui devait en théorie quitter le pouvoir.

Souce : www.lci.fr

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