De restes humains des Congolais bientôt restitués à la Rdc par la Belgique

De restes humains des Congolais bientôt restitués à la Rdc par la Belgique

Avec lemonde.fr

Le 60ème anniversaire de l’indépendance de la Rdc célébré cette année 2020 restera marqué dans les esprits de plus d’un Congolais. La Belgique ancienne métropole par son souverain le roi Philippe a exprimé ses vifs regrets pour tous les méfaits de la colonisation sur les populations du Congo. Un pas de plus a été franchi encore par l’engagement de la Belgique à restituer les restes humains du héros congolais Patrice-Emery Lumumba. Une action politique de très haute signification qui n’a pas toutefois empêché les congolais à exiger plus, entre autres les restes humains des autres leaders post-coloniaux dont Maurice Mpolo et Joseph Okito. Au-delà de ça, un autre engagement de restitution de restes de corps se signale, il s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre l’Université libre de Bruxelles et l’université congolaise de Lubumbashi, qui sera in fine destinataire de ces restes humains.

L’Université libre de Bruxelles (ULB) va restituer à la République démocratique du Congo (RDC) d’ici à 2025 une dizaine de crânes de Congolais ramenés en Belgique pendant la période coloniale et conservés dans ses collections d’anthropologie, a indiqué vendredi 16 octobre un de ses responsables.

La restitution s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre l’ULB et l’université congolaise de Lubumbashi (Unilu), qui sera in fine destinataire de ces restes humains. Les deux facultés ont signé une convention portant sur « dix crânes dont l’origine congolaise est certaine ou quasi certaine », a expliqué Laurent Licata, vice-recteur de l’ULB.

Des recherches plus approfondies doivent encore être menées à Bruxelles pour retracer l’histoire des quatre derniers, a-t-il souligné. « Les crânes de nos ancêtres engrangés dans les musées européens témoignent des épisodes douloureux de l’histoire coloniale », a commenté de son côté le recteur de l’Unilu, Gilbert Kishiba Fitula, cité dans un communiqué. « Leur restitution aux Congolais constitue un impératif éthique qu’il convient de saluer comme une étape décisive, à la fois pour la réappropriation des pans occultés du passé, et pour une coopération scientifique débarrassée du poids du passé », a-t-il ajouté.

Commission parlementaire spéciale

Selon M. Licata, ces 14 crânes que l’ULB détient depuis le début du XXe siècle ont été « acquis au Congo sous Léopold II, dans la période la plus critique » de la colonisation belge (1885-1960). Cet ex-roi des Belges, qui a régné de 1865 à 1909, a géré le Congo comme sa propriété personnelle de 1885 à 1908, une période marquée par une grande violence, liée notamment à l’exploitation du caoutchouc.

L’ULB estime que les crânes ont été transportés vers Bruxelles par des militaires ou d’autres colons belges, qui les ont ensuite vendus à des scientifiques travaillant à l’époque sur la craniométrie et le lien entre mensurations et races. La convention signée avec l’Unilu fait de celle-ci la propriétaire des crânes conservés à l’ULB.

Ils devraient toutefois rester encore cinq ans en Belgique « le temps que des recherches soient menées sur leur histoire et que l’université [congolaise] prépare leur accueil », a encore dit M. Licata. D’autres crânes ou restes humains datant de l’époque coloniale sont conservés en Belgique, notamment à l’Institut royal des sciences naturelles, à Bruxelles.

La restitution des biens culturels africains est un des aspects sur lesquels va travailler une commission parlementaire consacrée au passé colonial belge, mise sur pied cette année. Outre le Congo (l’actuelle RDC), l’empire colonial belge comprenait également en Afrique le Ruanda-Urundi, territoire qui deviendra le Rwanda et le Burundi après l’indépendance.