La Congolo-Burundaise Lous and the Yakuza s’éclate dans « Gore »

La Congolo-Burundaise Lous and the Yakuza s’éclate dans « Gore »

Elle fait déjà la Une des actualités culturelles dans l’espace Schengen, dans la suite de la sortie de son tout premier album de sa carrière musicale. Naturellement joviale et du haut de son mètre soixante-seize, l’ancienne mannequin Lous a profité de sa présence à Paris à l’occasion du Fashion Week pour faire également la promotion de « Gore ».

De mère rwandaise, d’autres sources parlent plutôt de burundaise et de père congolais, la jeune femme de 24 ans est la nouvelle sensation hip-hop soul venue de Belgique, avec Damso et Angèle. Après un passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre 2019, Lous and the Yakuza, qui tient son nom d’artiste du verlan de « soul » et de sa fascination pour la culture japonaise, est une artiste hybride qui a trouvé son alter ego en la personne d’El Guincho. Récompensé en 2020 par deux Grammy Awards pour son travail avec la chanteuse de flamenco Rosalia, le producteur espagnol a su canaliser l’énergie de cette mélomane.

On apprend d’elle qu’elle s’adonnait au chant dès l’enfance en répétant les paroles en latin de Lacrimosa, de Mozart. Aujourd’hui, elle écoute aussi bien le pop-rock de Rex Orange County que le rap français, dont elle garde la rugosité des expressions dans ses chansons douces et amères. El Guincho, originaire des îles Canaries, ex-membre du groupe Coconut, dit partager avec la jeune Congolaise « sa mentalité d’immigrante », explique-t-il dans un documentaire qui sera diffusé prochainement sur la chaîne YouTube de la chanteuse : « Elle est débrouillarde, et elle se bat en permanence. »

Un parcours lumineux

Lous s’est fait remarquer par ses mélodies en français, où elle raconte alors en musique ses errances nocturnes dans les rues bruxelloises. On raconte que la jeune fille, dont les parents médecins au Rwanda n’apprécient guère qu’elle abandonne ses études pour la musique, s’est retrouvée par deux fois sans logement. Elle dort dans un studio d’enregistrement, où elle échange des cours de chant contre un hébergement gratuit, quand ses premières maquettes sont repérées par une maison de disques française.

Elle a déjà écrit la majorité des chansons de son disque lorsqu’elle entre en contact avec le producteur espagnol – des textes qui parlent de sa solitude dans la rue, qui s’inspirent de ses conversations avec des prostituées, des proxénètes (Solo, Courant d’air, Quatre Heures du matin). El Guincho la fait venir à Barcelone, lui impose une hygiène de vie, un rythme de travail pendant la journée, et la convainc de « ne pas surjouer la chanteuse, de ne pas être si dramatique ». Lui s’attache à rester minimaliste et clair dans sa production, « sans en rajouter avec un son trop lourd, trop pompeux », d’après notre confrère lemonde.fr.

La Lushoise

Lous and the Yakusa née Marie-Pierra Kakoma est venue au monde à Lubumbashi dans le Katanga, le 27 mai 1996. Aujourd’hui elle est une auteure-compositrice interprète, rappeuse et mannequin belgo-congolaise.

Elle s’est fait connaitre après la sortie de son premier single Dilemme en septembre 2019, suivi de Tout est gore en décembre 2019 et de Solo en mars 2020. Son premier album, Gore, produit par El Guinchons, est sorti le 16 octobre 2020.

Lous est une anagramme de Soul et the Yakuza réfère à tous ceux qui travaillent pour elle, que ce soit sur scène ou en coulisse.