RDC : Le Tournant !

RDC : Le Tournant !

Jeanine Mabunda et les membres de son bureau qui étaient visés par des pétitions en leur défaveur, ont été destitués, ils ne dirigeront plus l’Assemblée nationale de la Rdc. La plénière organisée ce jeudi 10 Décembre 2020 pour l’examen desdites pétitions et entendre chacun des membres visés dans sa défense s’est soldée par des votes favorables à la majorité écrasante de ces pétitions. Loin d’être un fait ordinaire, cette destitution de la kabiliste Jeannine Mabunda marque un tournant décisif, pouvant influencer davantage le rapport des forces entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, alors que l’accord de coalition Fcc-Cach liant les deux personnalités a volé en éclat.

Les dates du 6 et 10 Décembre 2020 resteront particulièrement marquées dans les annales de l’histoire politique de la République démocratique du Congo. Les choses se sont considérablement accélérées entre ces deux dates.

Le dimanche 6 Décembre, le Président Félix Tshisekedi a, dans un discours magistral à la nation très attendu et très suivi, unilatéralement rompu l’accord de gouvernance qui le liait -d’autres diront le retenait esclave-  avec son prédécesseur. Un deal qui était à l’avantage de Joseph Kabila, lequel restait aux manœuvres avec des majorités parlementaires en sa faveur tant au niveau national qu’à travers les provinces, sans oublier plus de 60% de ses « fidèles » au gouvernement en commençant par le Premier ministre. Dans l’Armée, la Police et les services de sécurité, son encrage et son influence supposés sont restés au centre des débats  dans l’opinion.

Opérations des votes ce jeudi 10 Décembre à l’Assemblée nationale

Le jeudi 10 Décembre, celle que d’aucuns qualifiaient de bouclier de Kabila dans la sphère institutionnelle, Jeannine Mabunda, est destituée de la présidence de l’Assemblée nationale, la Chambre basse du Parlement. Elle est emportée par un vote en défaveur avec toute son équipe composée des pro-Kabila. 281 députés ont voté pour la destitution de Mabunda, 265 pour celle du 1er Vice-président, 260 pour  celle du Rapporteur, 279 pour celle du Rapporteur adjoint, 272 pour celle du Questeur. Les votants étaient au nombre de 483. Pour le cas du Questeur adjoint, le vote pour son cas a été reporté, le concerné ayant été victime d’une crise cardiaque la veille.

Ceci s’accomplit alors que théoriquement, le FCC, plateforme kabiliste détient la majorité à plus de 60%  du nombre des députés nationaux. Une scène surréaliste il y a encore quelques semaines qui semble indiquer combien plusieurs congolais, dont les élus nationaux, ont répondu à l’appel de Tshisekedi de se joindre à son « Union Sacrée » de la Nation. Un prélude de la nouvelle majorité, que beaucoup d’observateurs ont vu venir dans la dynamique des consultations de plusieurs semaines, que le Chef de l’Etat Congolais a tenues du 3 au 25 Novembre avec des personnalités et forces politiques et de la Société civile « représentatives ».

« Le travail commence » pour Félix Tshisekedi

Il l’a dit haut et fort dans les quatre langues nationales du pays à l’endroit de ses compatriotes lors du discours à la nation qu’il a prononcé le 6 Décembre : « le travail commence ».

Incompréhensible pour certains congolais en écoutant cela de la part de leur président qui brassait déjà environ deux ans à la tête du pays.

Ceux qui semblent avoir compris expliquent que les deux premières années de son quinquennat en cours, Tshisekedi n’a pratiquement pas eu les mains libres de faire appliquer sa vision, étant donné que la majorité kabiliste dans le gouvernement et dans les deux chambres du Parlement national, n’était pas là pour lui faciliter la tâche. Une accusation nourrie à tort ou à raison contre les fidèles de l’ex président Joseph Kabila, qui agiraient plus pour préparer le retour aux affaires de leur « autorité morale » en 2023 qu’accompagner Félix Tshisekedi à réussir son mandat.

Avec le basculement supposé de la majorité au niveau de l’Assemblée nationale en sa faveur depuis ce jeudi 10 Décembre, scénario en voie de se reproduire également à tout moment au niveau du Sénat d’après plusieurs informations concordantes, et par conséquent la démission du Premier ministre et de son gouvernement, le Président Tshisekedi sera dans une position confortable tant recherchée pour faire appliquer son programme et sa vison, dont la lutte contre la corruption, avec maintenant une plus grande marge des manœuvres. Une thèse qui prend de plus en plus forme.