Parlement-Gouvernement-Armée : Tshisekedi qui gagne, Tshisekedi qui se met la corde au cou

Parlement-Gouvernement-Armée : Tshisekedi qui gagne, Tshisekedi qui se met la corde au cou

Le nouveau Bureau du Sénat congolais a été élu et installé le mardi 2 Mars 2021. Sans surprise, c’est Modeste Bahati, ticket du président Tshisekédi et candidat unique au perchoir, qui a été porté à la tête de l’institution par 89 voix sur 97 votants, succédant ainsi à Alexis Thambwe Mwamba. Ce changement à la tête de la Chambre Haute du Parlement congolais vient renforcer l’encrage du Président Tshisekedi dans le contrôle des principales institutions du pays. Des victoires certes, mais plus un couteau à double tranchant pour le successeur de Joseph Kabila.

89 voix sur 97 votants pour le Prof Bahati Lukwebo au poste de Président,  85 voix en faveur de Sanguma Temongonde Mosai au poste de 2ème Vice-président, 91 voix pour Michel Kanyimbu Shindani au poste de Rapporteur,  voix pour  Bul’ An’ Sung Nathalie au poste de Rapporteur-adjoint, 50 voix pour  Mme Carole Agito Amela au poste de Questeur,  65 voix pour Mme Ida Kidima Nzumba  au poste de Questeur adjoint. Le Poste du 1er Vice-Président n’était pas vacant, il est toujours occupé par Samy Badibanga Ntita. Trois femmes sur sept membres font partie de ce nouveau Bureau, ce qui représente un taux d’environ 44%, un véritable record  dans l’histoire institutionnelle en Rdc. Ainsi se présente la nouvelle configuration du Bureau du Sénat en Rdc.

Un couteau à double tranchants pour Félix Tshisekedi

La mise en place de ce nouveau bureau du Sénat consacre le parachèvement de la rupture entre le président Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila qui a vu successivement ses proches être évincés des institutions les plus importantes du pouvoir.  Jeannine Mabunda, Sylvestre Ilunga et Thambwe Mwamba, respectivement Présidente de l’Assemblée nationale, Premier ministre et Président du Sénat sont ainsi tombés tour à tour depuis le lancement de l’Union Sacrée de la Nation, courant politique initié et conduit par Félix Tshisekedi.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le vent du changement a fini de tourner en Rdc, où l’ex-président Joseph Kabila, jadis maître du jeu, voit son influence se rétrécir considérablement. Ses principaux pions qui lui permettaient de tenir en laisse son allié de circonstance, le président Tshisekedi, sont tous remplacés par des pros de ce dernier.

Maintenant qu’il a les coudées franches pour gouverner, « Fatshi Beton » tel que le surnomment ses admirateurs, est attendu au pied du mur de ses promesses électorales. Et c’est peu dire qu’il n’a pas droit à l’erreur, encore moins à des excuses. Les prétextes de blocages de ses actions par des pro-Kabila à la tête des institutions du pays, ne tiendront plus le long des trois ans restant de son quinquennat.

Avec le contrôle de deux Chambres du Parlement et du Gouvernement, Félix Tshisekedi a au-delà, le contrôle de toutes les autres institutions du pays, notamment l’Armée, la Police, les Service de Sécurité, les Entreprises publiques, etc.

Si donc le 5ème Président de la Rdc veut rempiler pour un second mandat, il a tout intérêt à capitaliser ce désormais avantage au profit du Peuple et du Pays. Wait and see !