RDC : Et vint « Tshilejelu »… après « 100 Jours ». Des inquiétudes en vue

RDC : Et vint « Tshilejelu »… après « 100 Jours ». Des inquiétudes en vue

Le Président Tshisekedi a procédé le mercredi 17 Mars 2021 au lancement d’un nouveau programme des travaux d’infrastructures voulus porteurs d’espoir de l’amélioration de conditions sociales de la population, ainsi que pour lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales. Baptisé « Tshilejelu » -Exemple ou pilote en Français-, ce deuxième projet infrastructurel du quinquennat de Tshisekedi vise dans un premier temps la capitale Kinshasa et l’espace Grand Kasaï, avec de routes à construire et à réhabiliter. 141,49 Km d’asphaltage et d’éclairage des routes au total. Le coup d’envoi a été donné au niveau de « Terre jaune » à Mpasa dans la périphérie de Kinshasa. Ce, à l’instar d’un autre projet « Modern Construction » visant la réhabilitation et l’éclairage de 13 Km de routes dans la ville de Kinshasa, répartis entre les communes de Limete, Lemba et Ngaliema, et dont le go a été donné le même mercredi à la 7ème rue Limete par le Chef de l’Etat congolais. Deux ans après le lancement du programme d’urgence dit « 100 Jours », soit 2 Mars 2019-17 Mars 2021, des inquiétudes montent dans l’opinion.

Le Président Tshisekedi donnant le coup d’envoi du projet « Tshilejelu »

«Tshilejelu », nom choisi pour ce projet pilote, traduit sa vision du Président Tshisekedi orientée vers le développement des infrastructures et l’amélioration de la qualité de vie de ses concitoyens. Il va concerner l’ensemble de la République et va s’exécuter sur plusieurs phases. Entre-temps des études sont en cours de finalisation pour que le Grand Bandundu et le Grand Equateur puissent bénéficier, dans un futur proche, des effets bienfaisants dudit projet. Déjà, 39,72, soit 40 kms de voirie de la ville-province de Kinshasa sont concernés dans cette phase initiale, repartis à 10 Km par district. « Tshilejelu » à ce niveau englobe  également l’Espace Grand Kasaï, 101,77 Km, avec, à la clé, quelques villes cibles, en l’occurrence Mbuji Mayi, 25,32 Km, Kabinda, 10,5 Km, Lusambo, 10 Km, Kananga, 35 Km, Mweneditu, 5,5 km et Tshikapa, 15,39 Km. Ces travaux consisteront essentiellement à la construction des caniveaux, plantage des arbres, asphaltage des routes d’une largeur variant entre de 7 à 9m. Pour le choix des artères, il s’agit des routes en terre. Tous ces projets seront accompagnés d’éclairage public en vue de combattre aussi l’insécurité, a-t-on appris. L’entreprise chinoise Grec 7 va exécuter ces travaux, avec comme Maître d’ouvrage délégué l’Office de Voiries et Drainage, OVD. Le ministère des ITPR étant bien sûr le Maître d’ouvrage.

138 millions de dollars USD, c’est le coût total du contrat entièrement financé par l’Etat congolais, tel que conclu le 23 septembre 2020, grâce à un montage financier effectué avec le concours de la Banque UBA. Cette dernière a en effet facilité l‘obtention d’une ligne de crédit dans le cadre du partenariat public privé. La durée des travaux est de vingt-huit mois pour Kinshasa et de trente-six mois pour l’Espace Grand Kasaï.

Félix Tshisekedi visiblement heureux de lancer ce second programme infrastructurel
de son quinquennat

Le projet « Tshilejelu » n’était pas le seul à l’honneur ce mercredi 17 Mars. Félix Tshisekedi a également lancé le projet « Modern Construction », avec toujours comme Maître d’ouvrage délégué l’OVD, pour la réhabilitation d’un réseau de 13 km dans la ville de Kinshasa. Dans un premier temps, la 7ème  rue, 12ème  ,13ème  et 15ème rue à Limete seront totalement réhabilitées et éclairées alors que d’autres artères des communes de Lemba et Ngaliema seront également rénovées dans le cadre de ce même projet, renseigne la fiche des travaux.

Des inquiétudes cependant…

Bien qu’étant une vision orientée vers le développement des infrastructures et l’amélioration des conditions de vie de la population, et du reste très bien accueillie par les principaux bénéficiaires, les Congolais, ce second programme du quinquennat de Tshisekedi, avec au menu des travaux d’infrastructures routières, soulève aussi des inquiétudes.

Cela ne pouvait pas en être autrement estiment plusieurs observateurs, lorsque l’opinion a encore frais dans l’esprit, tous les détournements, malversations financières, lenteurs des travaux ou même carrément non exécution d’ouvrages, qui ont caractérisé malheureusement le précédent programme d’urgence « 100 jours ».

Pour rappel, Le président congolais Tshisekedi avait lancé, le samedi 2 mars 2019 à Kinshasa, son programme d’urgence pour les 100 premiers jours de son mandat. D’un coût estimé à quelques 300 millions de dollars, il a comporté plusieurs volets notamment la réhabilitation d’infrastructures socio économiques, la sécurité et aussi des mesures de décrispation. Un programme qui devait marquer positivement les premiers pas Félix Tshisekedi qui venait d’accéder à la présidence du pays.  Il était question pour le successeur de Joseph Kabila d’imprimer sa marque et convaincre dans un délai de grâce relativement cours au regard de la tâche.

Le 2 Mars 2019, le Président Tshisekedi lançant le programme d’urgence « 100 Jours »

Il se fait qu’à côté des infrastructures et autres réalisations notables fruit de ce programme d’urgence « 100 Jours », il y a eu des procès, pour détournements de fonds qui étaient alloués pour ces réalisations. Certaines de ces dernières ont pris même deux ans alors qu’elles ne devaient durer que quelques mois, le cas des sauts-de-moutons à Kinshasa.

L’opinion espère que les enseignements tirés du programme d’urgence « 100 Jours » ont été assez tirés pour que « Tshilejelu » et « Modern Construction » ne connaissent pas le même sort. Les Congolais ne sont plus disposés à supporter les aléas de l’expérience précédente, surtout que les 3 ans restant du quinquennat en cours appellent à une gestion efficiente et efficace au profit de la population. C’est en tout cas l’avis de plusieurs analystes.