Covid-19 : La RDC a t-elle mal démarré sa campagne de vaccination ?

Covid-19 : La RDC a t-elle mal démarré sa campagne de vaccination ?

28.956 cas de Covid-19, dont 745 décès et 25.841 guérisons depuis le début de l’épidémie, d’après le dernier bilan officiel publié le dimanche dernier, la République démocratique du Congo a lancé lundi sa campagne de vaccination à Kinshasa contre cette pandémie du coronavirus.  Les autorités du pays ont à cette occasion organisé une cérémonie officielle à l’Université de Kinshasa largement destinée à dissiper les doutes et méfiances autour du vaccin AstraZeneca, avec des officiels congolais et des diplomates. Dans l’opinion, le sentiment général demeure malgré tout à l’opposé des souhaits officiels.

Alors que l’opinion s’attendait à voir le Président Félix Tshisekedi être le premier à se faire vacciner à ce premier jour du lancement de cette campagne, c’est plutôt le ministre de la Santé sortant Eteni Longondo qu’on a vu au front ce lundi 19 Avril, jour programmé. Pendant ce temps, le Chef de l’Etat congolais avait un hôte de marque à la Cité de l’Union Africaine, UA, en la personne du Président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, arrivé la veille au soir dans la capitale congolaise.  C’est ce qui aurait vraisemblablement empêché Félix Tshisekedi de présider personnellement la cérémonie du lancement de la campagne de vaccination. Tout est encore possible pense un analyste.

Le Président Tshisekedi avec son homologue somalien ce lundi 19 Avril à Kinshasa

Pour Eteni Longondo qui a pris sa première injection du vaccin AstraZeneca, « Il y a plus d’avantages que d’inconvénients à se faire vacciner », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Santé a été suivi par l’ambassadeur de l’Union européenne, UE, en RDC, Jean-Marc Châtaigner, qui a estimé que « C’est un geste volontaire important. Un geste de solidarité vis-à-vis des autres » parlant d’un « vaccin efficace ».

L’ambassadeur de l’UE entrain de se faire injecter le vaccin AstraZeneca à Kinshasa

Le coordonnateur des affaires humanitaires des Nations unies en RDC, David McLachlan-Karr, a succédé au diplomate européen dans cet exercice.

Comme partout ailleurs, la méfiance envers le vaccin est vivement répandue en RDC. Dans l’opinion congolaise, on parle de théories du complot.

La RDC avait d’ailleurs reporté par précaution le lancement de sa campagne de vaccination initialement prévue le 15 mars. Une décision du report consécutive  à la suspension par d’autres pays de l’utilisation du vaccin AstraZeneca.

Quelques jours après, l’équipe d’experts congolais a, après études,  rassuré que le vaccin AstraZeneca déjà disponible en RDC ne présentait aucun inconvénient sur la population. D’où la décision du lancement de la campagne de vaccination au lundi 19 Avril 2021. 

Le ministre sortant de l’Intérieur Gilbert Kankonde qui communiquait à ce sujet après une réunion ad hoc des autorités congolaise, avait indiqué que « La vaccination sera volontaire et la priorité sera accordée au personnel soignant, aux personnes vulnérables souffrant des maladies chroniques et à toutes les personnes exposées à un flux important dans l’exercice de leur travail ».

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Cependant, l’absence à l’Université de Kinshasa malgré justifiée du Président Tshisekedi ainsi que celle du patron de la riposte contre le Covid-19 le Prof. Dr Jean-Jacques Muyembe, au lancement de la campagne de vaccination, n’a pas contribué à rassurer les esprits des pessimistes congolais à ce sujet. Plusieurs observateurs sont d’avis que si de gestes d’exemplarité au plus haut niveau des officiels congolais ne sont pas posés, il y a crainte que cette campagne ne connaisse pas le succès qui lui est pourtant nécessaire.