Félix Tshisekedi invité de Joe Biden au Sommet sur le climat de «dernière chance»

Félix Tshisekedi invité de Joe Biden au Sommet sur le climat de «dernière chance»

Cinq présidents africains et 35 autres dirigeants mondiaux sont invités par le Président américain Joe Biden au Sommet des dirigeants sur le climat, devant se tenir par visioconférence les 22 et 23 avril. Le Président congolais Félix Tshisekedi fait donc partie des cinq Chefs d’Etat du continent africain, à l’instar du gabonais Ali Ben Bongo, du kenyan Uhuru Kenyatta, du nigérian Muhammadu Buhari et du sud-africain Cyril Ramaphosa. Les dirigeants africains feront probablement pression pour obtenir un soutien financier pour entreprendre le changement climatique initiatives d’atténuation et d’adaptation. Chacun cherchera en plus à faire progresser ses objectifs nationaux et personnels lors de cet événement de grande envergure, dit de la dernière chance.

Il est clair que la participation de l’Afrique au sommet reflète le caractère indispensable du continent en tant qu’acteur dans les efforts du monde pour réduire les émissions et limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius. Qu’il s’agisse de la déforestation, de la désertification ou de l’élévation du niveau de la mer, il est impossible de s’attaquer aux pires effets du changement climatique sans la contribution et la coopération de l’Afrique. Même si les contributions de la région aux émissions mondiales de gaz à effet de serre sont faibles, les pays africains sont les plus vulnérables et les moins préparés aux conditions météorologiques extrêmes provoquées par le réchauffement climatique. Lors des discours de l’Assemblée générale des Nations Unies, AGNU, de 2019, les dirigeants de l’Afrique subsaharienne de 48 pays ont utilisé le terme «changement climatique» 212 fois, suggérant qu’ils étaient désireux de travailler sur les questions de changement climatique sur la scène mondiale.

La basin des forêts du Congo considéré comme le poumon du monde

Pour plusiseurs analystes donc, le nouveau locataire de la Maison Blanche devra à cette occasion marquer la différence. Dans cette perspective, les décideurs politiques américains devraient donc pour faire avancer le programme climatique du président Biden, mettre en évidence les dirigeants africains dans la discussion et dans les résultats et les engagements du sommet. Il est impératif de prendre en compte les dimensions économique, de développement et politique des défis climatiques en Afrique subsaharienne, ainsi que de comprendre comment chaque dirigeant entend bénéficier de cet engagement de haut niveau.

La place centrale de la RdCongo dans l’atténuation du changement climatique

La participation du Chef de l’Etat Congolais à ce sommet dit de la dernière chance, est une aubaine pour Félix Tshisekedi, enfin de promouvoir l’importance de la RDC dans la réponse mondiale au changement climatique. Le président Tshisekedi a manifesté son engagement à atténuer les effets du réchauffement climatique en faisant du ministère de l’Environnement un portefeuille stratégique clé de son administration et en élevant le nouveau ministre au niveau de vice-premier ministre, entre autres initiatives politiques très saluées.

Plus que ça, le président Tshisekedi en tant que président de l’Union africaine (UA) en 2021, peut également affirmer qu’il parle au nom des 54 pays du continent et du Sahara occidental. Il aura probablement une demande principale: des subventions, des transferts de technologie et des programmes de renforcement des capacités des grandes puissances mondiales vers la RDC et d’autres pays africains.

La RDC, un cas singulier

De tous les autres dirigeants participant au sommet de Biden, le président Tshisekedi préside l’un des pays les plus pauvres en énergie représentés. Avec seulement 19 % et 1 % des populations urbaines et rurales ayant respectivement accès à l’électricité, plus de 80 % des près de 100 millions de Congolais dépendent de la forêt pour l’énergie. Et pourtant, la RDC a une importance démesurée dans l’atténuation du changement climatique. Selon Phillip Van Niekerk président de Callabar Africa, les tourbières de la Cuvette Centrale de la RDC contiendraient 30 milliards de tonnes de carbone. Certaines études suggèrent que si un tiers de celui-ci brûlait, cela doublerait la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone et augmenterait les températures mondiales de 5 degrés Celsius.

Félix Tshisekedi, Président de la Rdc et Président en exercice de l’Union Africaine

En tant que président en exercice de l’Union Africaine, UA, Félix Tshisekedi, ne manquera pas aussi de vendre son leadership comme essentiel pour forger un consensus africain et son pays comme essentiel pour la préservation de la planète. Sa demande de soutien financier sera probablement en échange de réformes, d’engagements et de protection de la forêt tropicale du bassin du Congo et de ses vastes tourbières.

LesNews.Cd/Csis.org