Zoom sur l’actualité : Jean-Marie Elesse dégaine, tire et édifie…

Zoom sur l’actualité : Jean-Marie Elesse dégaine, tire et édifie…

L’actualité au pays de Lumumba reste dominé par la polémique née des propos controversés tenus dernièrement par le président rwandais Paul Kagame sur le rapport mapping, lesquels propos ont été vivement désapprouvés par les Congolais. Jean-Marie Elesse Bokokoma, président national du Rassemblement pour la Reconstruction de la RD. Congo, RRC, y revient, tout en abordant dans cette tribune d’autres aspects au cœur de préoccupations de ses compatriotes, notamment l’état de siège, les infrastructures, la pauvreté au pays et l’Union Sacrée. Cet homme politique de la race des « jeunes turcs » de la Conférence nationale souveraine, CNS, n’a pas fait à moitié ici dans ses prises de position…

Jean-Marie Elesse (en noeud papillon) à la tête de la délégation du RRC après une audience auprès du Premier ministre Sama Lukonde

Ce énième numéro de la tribune « Zoom sur… » de votre média vous offre sur un plateau l’homme politique Jean-Marie Elesse Bokokoma. Un rendez-vous auquel nous avons tenu à honorer, alors que l’actualité continue de se conjuguer sur plusieurs sujets. Quelques uns sont abordés ici dans cet entretien et sans complaisance.

« Il n’appartient pas aux parties prenantes d’un conflit de juger s’il y a crime ou pas »

La RDC a connu deux guerres entre 1996-1997 et 1998-2003, qui ont déstabilisé en profondeur sa partie orientale, où le Rwanda est frontalier. Ce conflit a impliqué les armées de plusieurs pays voisins, en particulier le Rwanda et l’Ouganda. Le Rapport Mapping de l’ONU qui date de 2010, répertorie plus de 600 violations graves des droits humains commises en RDC entre mars 1993 et juin 2003 (massacres à grande échelle, violences sexuelles, attaques contre des enfants, etc.).

Lors d’une interview aux médias français France 24 et RFI, Paul Kagame a déclaré : ce document  « a été extrêmement controversé. Et en réalité, il est hautement contesté (…) et a été hautement politisé ». « Il y a aussi des rapports qui disent complètement l’opposé », a-t-il poursuivi. Et la journaliste de le relancer : « L’opposé? qu’il n’y a pas eu de crimes commis dans la région? ». « Il n’y a pas eu de crimes », répond Paul Kagame. « Dans l’Est de la RDC? », lui redemande alors la journaliste. « Absolument », enchaîne alors Paul Kagame.

Pour Jean-Marie Elesse « il n’appartient pas aux parties prenantes d’un conflit de juger s’il y a crime ou pas. C’est sur base de ce principe que notre pays la RDC, loin de répliquer à la fuite en avant, plaide pour la Justice en exigeant la mise en place d’un tribunal pénal international pour les crimes commis sur son territoire notamment rapportés par le Rapport Mapping. Notre priorité du moment est d’éradiquer l’insécurité à l’Est du pays en soutenant l’État de Siège et la campagne lancée par le 1er Ministre ».

Soutien total à l’état de siège

Le président congolais Félix Tshisekedi a décrété l' »état de siège » dans le Nord-Kivu et l’Ituri, deux provinces de l’Est du pays frappées par la violence des groupes armés et des massacres de civils. La mesure est entrée en vigueur le 6 mai. Les autorités civiles ont été remplacées par des militaires et des policiers dans chacune de ces deux provinces. Une mesure que Jean-Marie Elesse soutient.

« L’état de siège décrété par le Président Tshisekedi a tout notre soutien. C’est aussi la position de Rassemblement pour la Reconstruction du Congo, RRC, que je dirige. C’est dans cette même logique que nous soutenons vivement la campagne « Bendele Ekweya te » lancée à cet effet par le Premier ministre. Défendre la Nation contre l’anarchie organisée par l’étranger a priorité sur le rétablissement de la liberté. En clair, une République cesse d’en être une si, pliée sous la botte étrangère, elle reste passive ».

L’erreur d’un Leader devient une erreur de direction

Les Congolais continuent de croupir dans une misère indescriptible après des décennies d’indépendance. Une situation qui contraste avec les potentielles richesses du sol et du sous-sol que regorge le pays. Jean-Marie Elesse s’en offusque vivement.

« D’hier à aujourd’hui nous avons réussi l’exploit de défier l’ordre naturel de

l’univers par la transformation d’un paradis en enfer. Pour demain, levons l’option de nous redonner ce jardin d’Eden qu’est réellement la République Démocratique du Congo.

Tout Dirigeant qui travaille contre les intérêts de son peuple et de son pays est un illettré dans la réalité de vie sociale. Pourquoi? Parce qu’un Dirigeant est en principe un canal par lequel passe la richesse d’une nation et un canal est en permanence mouillé…de bénédictions.

Que la classe dirigeante de mon pays la RDC fasse de cette affirmation une référence permanente : « L’erreur d’un Leader devient une erreur de direction ».

Que l’Union sacrée de la Nation soit la matrice d’une autre vision

Dans un pays, les infrastructures sont importantes car elles peuvent influer sur un large éventail d’activités économiques, ayant un impact direct sur les capacités de production des entreprises comme sur les possibilités de consommation offertes aux consommateurs. Elles permettent également de fournir des services, notamment de transport, grâce auxquels les personnes sont économiquement productives. Une théorie du développement largement défendue par différentes écoles. Ce, alors que la Rdc accuse un retard monstrueux sur ce plan des infrastructures. Ce que regrette Jean-Marie Elesse tout en expliquant le pourquoi. Le président du RRC se permet toutefois d’espérer que la direction prise par le pays actuellement avec l’Union sacrée de la nation permettra de changer les choses.

« L’état lamentable des infrastructures de la RDC aujourd’hui était prévisible. Tenez:

De 1960 à 1965 nous avons dilapidé les réserves financières de l’économie coloniale par les querelles politiciennes et les rébellions. 

De 1966 à 1997 nous avons engloutis les dividendes des actifs de l’Etat par la gabegie d’une politique de survie au complexe colonial et à la gloire d’un compatriote.

De 1997 à 2000 nous avons exproprié la classe moyenne des reliquats issus de leur gabegie de l’époque Mobutu. 

De 2000 à 2018 une bande a exproprié l’Etat de ses actifs le rendant salarié de ses propres actifs spoliés.

De 2018 à ce jour la Covid-19 nous surprend dans l’occupation anarchique d’une partie de notre Pays, sous l’instigation de la botte étrangère. 

Alors qu’en se concentrant de 1960 à ce jour à la construction que des routes et l’électrification du Pays. Nous aurions aujourd’hui une vue  différente du pays contraire a la pauvreté généralisée et aux querelles politiciennes crevant de faim sur un océan de cuivre, de cobalt et de terre arable? Que l’Union sacrée de la Nation soit la matrice d’une autre vision de la Reconstruction de notre Pays et non des répétitions d’un passé à oublier ».

Quoi faire face à la crise morale de la Nation

C’est depuis plusieurs décennies que les Congolais ne croient plus en leur pays, une évidence indéniable. Le Chef de l’Etat Congolais a relevé cela dans ses discours qu’il a eus à adresser à ses compatriotes depuis qu’il a accédé à la magistrature suprême. Il y a pour cela de causes et aussi de palliatifs. Jean-Marie Elesse Bokokoma en parle.

« L’insécurité généralisée depuis 1974 (financière, de l’emploi, alimentaire, familiale) infuse aux Congolais la peur quotidienne du lendemain. C’est le principal levier négatif de notre culture antipatriotique (corruption, concussion, détournement de deniers publics, lâcheté), source de la crise morale de la Nation. A nous, intelligentsia congolaise, de relever ces défis au sein de l’Union Sacrée de la Nation ».