Sommet extraordinaire de la CEEAC : Cet appel de Brazzaville en direction du Tchad

Sommet extraordinaire de la CEEAC : Cet appel de Brazzaville en direction du Tchad

Une déclaration dite de Brazzaville présente l’ensemble des conclusions de la Conférence extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), ténue ce vendredi 4 juin 2021, à Kintélé, banlieue Nord de la capitale congolaise. Ce texte, adopté par les dirigeants de la sous-région, met un point d’honneur la réconciliation et le dialogue, en vue d’une transition apaisée, au Tchad.

Quatre Chefs d’État et de Gouvernement et plusieurs représentants des pays membres de la CEEAC, ont pris part à ces assises consacrées essentiellement à la situation sécuritaire du Tchad, consécutive au décès brusque du Président Idriss Déby Itno.

Au terme de cette réunion de haut niveau, les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris acte de la suspension de la Constitution du Tchad de 2018 et de la formation du Conseil militaire de transition, tout en lançant un appel pour la mise en place d’un gouvernement dirigé par un civil. Ils ont, par là même occasion invité les nouvelles autorités tchadiennes et le peuple tchadien à prioriser la réconciliation et au dialogue.

Dans le souci de préserver la paix et la stabilité au sein de la Communauté, le sommet de Brazzaville a appelé les autorités de la transition à organiser les élections à la fin de celle-ci, c’est-à-dire dans dix-huit mois, et à créer pour cela les conditions d’un dialogue national inclusif en vue de consolider les bases de l’unité du pays. C’est pour autant dire que le Tchad n’est pas exclu des instances de la CEEAC et bénéficie de l’entière sollicitude de celles-ci.

Les dirigeants de la CEEAC, à partir de Brazzaville, n’ont pas manqué de réaffirmer le principe du rejet de la prise du pouvoir par des voies non démocratiques, tout en soulignant l’exception que fait le Tchad, dans ce sens. En ce sens que le Maréchal Idriss Déby Itno avait trouvé la mort dans les circonstances d’une agression perpétrée par des forces hostiles téléguidées de l’extérieur.

Sur cette base, les participants à ce sommet extraordinaire ont dénoncé “l’activité du mercenariat” qui pourrait déstabiliser le Tchad mais aussi d’autres pays de la sous-région.

S’agissant l’attaque meurtrière survenue le 30 mai 2021, au Sud du Tchad, l’hôte du sommet, le congolais Dénis Sassou-N’Guesso a salué les autorités tchadiennes et centrafricaines qui ont choisi la voie du dialogue et de la paix (…) pour résoudre l’incident grave qui s’est produit à la frontière entre les deux pays.

La même déclaration de Brazzaville lance un appel en direction des partenaires techniques et financiers, afin d’apporter un soutien à la transition au Tchad

Le sommet de Brazzaville peut se résumer comme une mobilisation des ressources et des énergies de la CEEAC pour faire de l’Afrique centrale une région de paix, prospérité et solidarité, reposant sur un espace économique et politique unifié, intégré et engagé dans un développement durable et équilibré.

A l’ouverture des travaux, après avoir fait observer la minute de silence, suite au décès d’Idriss Déby Itno, le président en exercice de la CEEAC a rappelé le silence manifeste de la communauté internationale face à ces appels, sur la crise libyenne. Il a également déploré la dispersion des initiatives dans le dossier libyen, ainsi que le manque de coordination longtemps observé, sans parler des velléités obstinées de marginalisation de l’Afrique. Le tout pour fixer l’assistance sur la genèse du mal qui tend à affecter le Tchad.

Dans un tel contexte marqué par la présence des groupes terroristes dans le sud de la Libye, le Tchad voisin et les pays sahélo-sahéliens, le règlement de la crise libyenne, martèle Sassou N’Guesso, apparaît plus que jamais comme une urgence absolue.

Une attitude du Chef de l’Etat congolais Denis Sassou-N’Guesso et président en exercice de la CEEAC. (Photo Tiers)

Le chef de l’Etat congolais et président en exercice de la CEEAC n’a pas manqué de préciser la notion de responsabilité des participants à ce sommet face à l’histoire africaine « Notre devoir et notre responsabilité, à l’égard de notre sous-région nous interpelle, une fois encore aujourd’hui, il nous invite à un engagement plus fort au service d’une transition apaisée au Tchad. » Pouvait interpeller le président Denis Sassou-N’Guesso.

Somme toute, la déclaration des chefs d’Etat et de gouvernement rendu public à Brazzaville déplore et condamné fermement les atteintes à l’intégrité territoriale de la République du Tchad, du fait d’une agression extérieure ayant conduit à la mort du maréchal Idriss Deby Itno, président de la république et des éléments de défense et de sécurité du Tchad.

Créée en 1983, CEEAC compte dix Etats membres, à savoir l’Angola, le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, la République Démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Sao Tome & Principe et le Tchad.

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