Affaire 500 « Jeeps » : Les députés pro-Fayulu donnent de la voix dans un silence assourdissant de Tshisekedi

Affaire 500 « Jeeps » : Les députés pro-Fayulu donnent de la voix dans un silence assourdissant de Tshisekedi

La controverse en rapport avec les 500 « Jeeps », destinés aux députés nationaux continue d’alimenter les débats en République démocratique du Congo, RDC. Dons ou prêts, c’est sur la forme par laquelle ces élus vont bénéficier de ces véhicules Hyundai que la polémique est centrée. Et en attendant que cela se sache clairement, certains députés se sont déjà prononcés en défaveur de cette action. Les députés proches de Martin Fayulu viennent tout justement de donner leur position. Signe que cette affaire qui vise indirectement le Président Tshisekedi ne fait que commencer.

Le problème est que les informations sont disparates à ce sujet.  Selon Hyundai, c’est le Gouvernement congolais qui a signé un contrat avec lui. Pour le Bureau de l’Assemblée nationale, c’est le résultat d’un crédit souscrit auprès d’une banque. Au moment où face aux élus de l’Union sacrée de la nation, USN, le speaker de cette chambre avait lui-même clairement parlé d’un don du Président Tshisekedi.

Une confusion qui a poussé Valéry Madianga, membre de l’Observatoire de la dépense publique, ODEP, à crier au scandale et à dénoncer : « Vous avez des hôpitaux qui manquent de lits, vous avez des enseignants qui peinent à gagner 100 dollars par mois, vous avez des agents publics qui ne sont pas payés. C’est une pratique honteuse pour nous », dénonce Valéry Madianga, membre de l’Odep.

De leur côté, certaines organisations de la société civile demandent que l’Inspection générale des finances, IGF, ouvre une enquête pour faire le contrôle de cette acquisition et produire un rapport qui pourrait permettre à la justice de sévir contre les responsables impliqués dans ce détournement.

Le Procureur près la Cour de Cassation invité à initier une enquête

C’est en tout cas la position des députés nationaux du parti politique Engagement pour la Citoyenneté et le Développement, ECIDé, de Martin Fayulu. Tous, au nombre de 4, dont Jean-Baptiste Kasekwa et Ados Ndombasi, sont montés au créneau au cours d’une conférence de presse tenue le vendredi 25 Juin 2021, pour dénoncer l’octroi de ces 500 jeeps aux élus du peuple. Ils dénoncent ainsi un acte de corruption. 

Conférence de presse des députés pro Fayulu. (Photo droit tiers)

C’est ainsi que par la voix de leur collègue Jean-Baptiste Kasekwa, ils appellent le Procureur général près la Cour de Cassation à initier rapidement une enquête sur cette affaire : « Nous, députés nationaux de l’ECIDé, invitons formellement le Procureur près la Cour de Cassation à initier rapidement une enquête sur ces possibles infractions de corruption d’enrichissement sans cause et des détournements des deniers publics ».

Ils ne se sont pas limités là, car ils ont également appelé carrément le président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso à démissionner : « Nous demandons au président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso N’kodia de démissionner sans atermoiements ».

Pour rappel, tout a commencé la semaine dernière, partant d’un enregistrement audio largement partagé dans les réseaux sociaux. Le président de la Chambre basse du Parlement congolais, Christophe Mboso, a parlé dans cet élément de l’acquisition des « 500 Jeeps », en expliquant que c’était un cadeau du président Tshisekedi aux députés, pour avoir répondu favorablement à son appel à rejoindre la coalition présidentielle l’USN.

Il s’en est suivi plusieurs réactions de protestation par des organisations de la société civile et des opposants. Ce qui a poussé le bureau de l’Assemblée nationale à multiplier les communiqués pour tenter de sauver ce qui pouvait l’être. Ce qui, au contraire, n’a fait qu’envenimer davantage la situation, poussant certains élus à dénoncer cette acquisition.

Le Président congolais Félix Tshisekedi. (Photo droit tiers)

Le Président Félix Tshisekedi dont le nom est vivement cité dans cette affaire ne s’est pas encore prononcé jusqu’ici à ce sujet, ni directement, ni indirectement par ses services. Installé depuis le samedi 12 Juin dans la partie Est du pays, le Chef de l’Etat congolais semble encore plus préoccupé par le besoin de sécurité et de paix  dans cette partie trouble de la Rdc.