Accords avec le Rwanda et adhésion à l’EAC : Le Gouvernement congolais sous pression

Accords avec le Rwanda et adhésion à l’EAC : Le Gouvernement congolais sous pression

La République démocratique du Congo, RDC, et son voisin de l’Ets le Rwanda, ont signé trois accords le samedi 26 Juin dernier. Le premier accord conclu porte sur la promotion et la protection des investissements entre les deux pays. Le second a pour objet une convention entre les deux pays en vue d’éviter la double imposition et prévenir l’évasion fiscale en matière d’impôts sur le revenu. Le troisième protocole d’accord concerne l’exploitation de l’or et implique la société congolaise aurifère, Sakima s.a., ainsi que la société rwandaise de droit privé Dither Ltd. Ajouter à cela l’adhésion de la Rdc à la communauté économique des pays de l’Afrique de l’Est, EAC. Du côté de l’opinion congolaise, le « oui, mais… » semble prendre le pas sur l’émotion.

Le rapprochement entre la RDC et le Rwanda est à ce jour un secret de polichinelle. Les visites mutuelles de deux Chefs d’Etat en 24 heures, dans une ambiance « fraternelle » dans les villes frontalières respectives, en est une illustration. Félix Tshisekedi a été reçu à Gisenyi au Rwanda par Paul Kagame le vendredi 25 Juin avant de rendre la pareille à son homologue le lendemain à Goma.

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Ces déclarations faites par les deux présidents le samedi 26 Juin dans la ville congolaise de Goma, où tous ces accords ont été signés, résument en substance le dessous de tout cet activisme inédit de ces deux dernières décennies dans les relations entre les deux pays.   « Il est temps d’expérimenter l’autre côté le partage de la paix, de l’amour et les échanges fraternels économiques entre nos deux pays » a déclaré Félix Tshisekedi.

« Nous avons signé un certain nombre d’accords. Je crois que ce n’est que le début. Il y a de nombreux domaines sur lesquels nous allons venir, dans lesquels nous pouvons coopérer pour construire une relation solide, mais aussi des bases de coopération entre nos deux pays » a ajouté pour sa part Paul Kagame.

Des voix montent pour plus de transparence et d’efficacité

Il s’observe au cours de la première moitié de l’année en cours que le Président Félix Tshisekedi fait rapprocher la RDC de ses voisins de l’Est. La double rencontre de 24 heures avec son homologue Paul Kagame du Rwanda intervient après ses échanges avec le chef de l’Etat ougandais, Yoweri Museveni, où les deux hommes ont lancé les travaux de construction des routes d’intérêt commun. Environ deux mois auparavant, le Président kenyan Uhuru Kenyatta a passé 48 heures à Kinshasa dans un séjour de travail sanctionné par la signature de plusieurs accords.

Les présidents congolais Félix Tshisekedi et kenyan Uhuru Kenyatta
lors d’un point de presse commun en Avril 2021 à Kinshasa. (Photo droit tiers)

Mais que ce soit pour les accords signés le samedi dernier avec le Rwanda ou pour la démarche congolaise pour l’adhésion du pays à la communauté économique des pays de l’Afrique de l’Est, EAC, l’opinion s’en même. De plus en plus, de Congolais exigent que le Gouvernement rende public le contenu des accords signés avec la partie rwandaise. L’opinion cherche à s’assurer que les droits et les intérêts du pays n’ont pas été bradés dans ces deals.

Concernant l’adhésion du pays à l’EAC, une adhésion de plus pour certains, la préoccupation de l’opinion se trouve dans ce que la RDC va gagner et qu’est-ce qu’elle a aussi à offrir dans ce marché.  Lorsqu’on sait que les pays membres de cette communauté sont déjà très avancés dans les échanges entre eux, beaucoup craignent que Félix Tshisekedi n’engage le pays sur un terrain où ce dernier risque de sortir perdant. C’est ici où les gouvernés attendent voir les gouvernants créer les conditions de rendre le pays suffisamment compétitif pour une présence bénéfique à ce rendez-vous du donner et du recevoir.

Reste à savoir si le Gouvernement en place de l’Union sacrée de la nation, USN, l’entendra d’une bonne oreille. Transparence et efficacité sont ici les maîtres mots et le pouvoir en place a tout intérêt de prendre tout ceci au sérieux estime un analyste.