Explosions du week-end à Beni : Tshisekedi est-il en danger à l’Est ?

Explosions du week-end à Beni : Tshisekedi est-il en danger à l’Est ?

Trois explosions de bombes artisanales se sont produites samedi et dimanche derniers à Beni dans la province du Nord-Kivu. Ce, alors que le Chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi a établi son quartier général dans cette partie Est du pays, précisément dans le Nord-Kivu et l’Ituri, pour suivre de près les opérations menées par les forces armées dans ces provinces contre les forces négatives.

Samedi 26 Juin, une bombe avait explosé en périphérie de la ville de Beni, à côté d’une station d’essence sans faire des dégâts. C’était une bombe artisanale cachée sous un véhicule remorque, a-t-on appris de sources concordantes. Cependant, l’événement n’avait pas fait grand bruit.

Dimanche 27 Juin, d’abord très tôt le matin vers 6h00, l’explosion d’une bombe artisanale a eu lieu ce dimanche avant l’heure d’affluence des fidèles pour une importante cérémonie de sacrement de confirmation aux enfants programmée ce jour. Certainement que les terroristes ont visé une grande foule parce que la cérémonie devait réunir des enfants, leurs parents et des fidèles. Mais la messe n’a pas été pas reportée dans cette église catholique.

Lire aussi https://lesnews.cd/2021/06/27/beni-une-autre-bombe-explose-le-dimanche-soir-tuant-le-kamikaze/

Dans la soirée du même dimanche, aux environs de 19h30, une autre explosion sera signalée au quartier Kamabanga, dans l’Ouest de cette ville. Un mort, c’est le bilan de cette nouvelle explosion qui a emporté son porteur. Le colonel Narcisse Muteba, le maire de Beni, a aussitôt décrété un couvre-feu dans la ville à la suite de cette succession d’explosions de ces bombes.

Tshisekedi « persona non grata » ?

Après la première explosion le dimanche, le ministère de la Communication et Porte-parole du Gouvernement congolais a indiqué que cet acte fait suite à « la pression militaire qui s’exerce contre ces mouvements terroristes dont l’ADF… Ce qui motive davantage les FARDC en débandade jusqu’à leur dernier retranchement ».

Lire aussi https://lesnews.cd/2021/06/27/beni-une-bombe-artisanale-a-explose-dans-une-eglise-ce-dimanche-matin/

Pour certains observateurs, les explosions en série du week-end dernier constituent au-delà de tout une grande première dans cette région en proie à l’insécurité depuis plusieurs années. A en croire ces voix, le recours à ces moyens sont sans nul doute l’expression de ces terroristes qui ont du mal à cacher leur situation de plus en plus inconfortable suite à la puissance montante des forces régulières. Ces actes, apparemment de désespoir peuvent aussi être un message en rapport avec la présence, voilà plus de deux semaines, du Président Tshisekedi dans la région, ajoute-ton encore. Une manière de défier le Chef de l’Etat Congolais, si pas lui lancer des avertissements ou le menacer carrément, soutient-on encore.

Qu’à cela ne tienne, ces événements du week-end passés sont venus envenimer davantage le climat de psychose qui règne dans la région.

Cette partie du territoire congolais, frontalière de l’Ouganda, subit depuis de nombreuses années les exactions des membres du groupe Forces démocratiques alliées, les ADF, d’origine ougandaise. Les tueries et les massacres de ce groupe armé ont débuté en 2014, dans l’est de la RDC. Ils ont fait près de 6 000 morts témoignent plusieurs sources. En mai dernier, deux imams ont été tués pendant la prière, dans la zone de Béni.

L’état de siège a été décrété depuis le 6 Mai dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Le Chef de l’Etat Congolais Félix Tshisekedi qui a pris cette décision sans précédent, avait lors de son séjour à Beni à la mi-Juin, appelé la population à collaborer avec les forces de sécurité.