Projet de « Loi Tshiani » : L’Ensemble pour la République de Katumbi menace de quitter l’Union sacrée

Projet de « Loi Tshiani » : L’Ensemble pour la République de Katumbi menace de quitter l’Union sacrée

Depuis que son initiative a été portée à la connaissance du public et après son dépôt effectif à l’Assemblée nationale le jeudi 08 Juillet 2021, le Projet de « Loi Tshiani » pour verrouiller l’accès à la Présidence de la RDC et aux fonctions de souveraineté, est loin de faire l’unanimité. Plus encore, beaucoup d’encres et des salives coulent déjà, au point de couvrir toute l’actualité ainsi que les discussions en République démocratique du Congo, RDC. L’Union sacré de la Nation, coalition pro-Tshisekedi au pouvoir, risque de faire les frais.

« La proposition de loi que nous avons faite consiste à verrouiller l’accès aux fonctions de souveraineté nationale notamment à la Présidence de la République, la Présidence du Sénat, l’Assemblée nationale, les ministères régaliens, l’armée et la police, l’administrateur de l’ANR, les hauts magistrats, etc. Donc, toutes ces fonctions régaliennes sont réservées exclusivement aux congolais… La souveraineté de la RDC pour laquelle Patrice Lumumba est mort, ne se négocie pas. Ne peuvent accéder aux fonctions de souveraineté que les congolais nés des pères et mères congolais », a déclaré en substance Noël Tshiani Mwadianvita, son initiateur, lors du dépôt de cette proposition de loi à l’Assemblée nationale le jeudi 8 Juillet 2021.

Le député national Nsingi Pululu (devant le micro) et Noël Tshiani lors du dépôt de la proposition de loi à l’Assemblée nationale.

Le député national Nsingi Pululu, qui a décidé de porter ce projet au niveau de la Chambre basse du Parlement a, de son côté, explique  que « Cette loi est la réponse pour ceux qui se posaient la question sur la double nationalité. Vous pouvez avoir 10 nationalités et vous ne perdez jamais la nationalité congolaise. Ce qui veut dire, en d’autres termes, la nationalité congolaise est irrévocable. Tu es né congolais, tu grandis congolais et tu mourras congolais c’est-a-dire que nous donnons la possibilité de partout de jouir de tous les droits des congolais. Il est inacceptable, par hospitalité, nous avons accepté les réfugiés au Congo, nous avons accepté d’autres personnes au Congo et ils accèdent aux fonctions, ils prennent part au partage et dans le droit ».

Ce projet de loi, s’il venait à être adoptée et promulguée, fera que plusieurs personnalités connues en RDC, se verront automatiquement exclues d’assumer certaines responsabilités au pays. Inutile de faire un dessin pour comprendre à quel point sera réduit à rien tout l’investissement qu’ils ont fait depuis de temps pour jouer un rôle de premier plan. C’est dans ce contexte qu’il faudra situer les réactions virulentes contre ce projet de loi de la part des partisans de Moïse Katumbi.

En effet, après avoir été empêché de compétir à la dernière présidentielle du 30 Décembre 2018 par le régime précédent, le chairman du TP Mazembe et de la formation politique Ensemble pour la République, Moïse Katumbi Chapwe, puisque c’est de lui qu’il s’agit, risque de revivre le même scénario pour la prochaine présidentielle prévue normalement en 2023. Le projet de « loi Tshiani » le disqualifierait puisque n’étant pas né deux parents Congolais.

Et 24 heures après le dépôt effectif de ce projet de loi, Olivier Kamitatu un bras droit de Moïse Katumbi et cadre supérieur de l’Ensemble pour la République a sorti clairement les menaces dans les colonnes de notre confrère Jeune Afrique Magazine : « Là, nous risquons de franchir la ligne rouge. La mise à l’ordre du jour de l’Assemblée d’une telle proposition constituerait un point de non retour. Soit cette proposition est retirée, soit nous nous retirerons de l’Union sacrée ».

Avec ses 70 députés nationaux et sans conteste de sympathisants parmi les élus du Peuple particulièrement au sein de la coalition au pouvoir Union sacrée de la Nation, Moïse Katumbi pèse considérablement, estiment certains, et les moyens ne lui manquent pas au-delà pour faire échec à cette initiative de Noël Tshiani. Reste à savoir à quel niveau le pouvoir en place s’est préparé pour que cette loi triomphe au niveau du Parlement.