BCC : Tshisekedi fléchit devant le FMI. Pour quel prix ?

BCC : Tshisekedi fléchit devant le FMI. Pour quel prix ?

Parmi les huit administrateurs de la Banque centrale du Congo, BCC, nommés par Ordonnance présidentielle le 5 Juillet dernier, trois d’entre eux n’ont pas été en odeur de sainteté selon la sensibilité du Fonds monétaire international, FMI. Deux d’entre ces trois ont simplement été jugés trop proches du Président Congolais Félix Tshisekedi, détail de nature à heurté l’indépendance de l’Institut de mission d’après cette institution de Breton Woods. Le Chef de l’Etat Congolais n’avait plus le choix que de repasser la main sur ladite ordonnance pour remplir l’ultime condition enfin d’espérer ouvrir les vannes de cette institution financière internationale en faveur de la RDC.

M. Thomas Batetele Bolekilinga, M. Prince Leta Katumba, M. Alain Kahasha, M. Louinza Elongo, Mme Eliane Kiyekiye, M. Georges Shambuyi, M. Jean Ilema, M. André Wemeso, sont les huit administrateurs de la BCC que le Président Tshisekedi a nommés tout dernièrement à l’instar de la Gouverneure, Madame Malangu Kabedi Mbuyi  qui a remplacé à ce poste Deogratias Mutombo. MM. Prince Leta Katumba, Andre Wameso et Jean Ilema sont les trois administrateurs que le FMI a frappés d’incompatibilité. Concrètement, deux de ces administrateurs appartenaient en effet au cabinet du président, le troisième avait des intérêts dans une banque commerciale de la place.

Devant ce fait, Félix Tshisekedi s’est vu obligé de les remplacer tous, en nommant d’autres. Toutefois avant de le faire, Félix Tshisekedi a eu à consulter le Conseil d’État et la Cour constitutionnelle pour être davantage éclairé sur celui qui pouvait être nommé à ce poste. D’où il sera édifié avec les dispositions de l’article 52 de la loi de 2018, qui spécifie clairement que les membres des cabinets du président sont exclus.

On apprend déjà que la reforme de cette loi est déjà dans l’agenda des autorités du pays. Le but serait donc d’alléger le type d’incompatibilité sans remettre en cause l’indépendance des administrateurs.

Ainsi, les trois administrateurs problématiques ont tout simplement été remplacés par M. Chimène Polipoli Lunda, M. Jean Elongo Ongona et M. Marie Nyange Ndambo. L’ordonnance présidentielle les nommant a été signée le 12 Juillet 2021. Les trois remplaçants composent désormais les huit membres administrateurs de la BCC à l’instar de  Thomas Batetele Boleki Linka, Alain Kahasha Ntumwa Ntarhiba, Louis N’sa Elongo Isemoli, Eliane Munkeni Kiekie et Georges Tshilenge Shambuyi.

Pour plusieurs analystes, en procédant effectivement à ces remplacements, le Chef de l’Etat Congolais a donc permis à son pays de franchir l’ultime condition du FMI. Ce qui pourrait ouvrir la voie au décaissement d’un milliard et demi de dollars sur trois ans, mais aussi à d’autres financements de bailleurs étrangers, laisse-t-on entendre. Ne dit-on pas que la main qui donne est celle qui commande? That is the question !