RDC : Les anti et les pro Tshisekedi optent pour un combat de rue

RDC : Les anti et les pro Tshisekedi optent pour un combat de rue

Les nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, au nombre de 12 sur 15, ont prêté serment devant la Cour Constitutionnelle le mardi 26 Octobre 2021. Ce après leur investiture par ordonnance présidentielle le samedi 23 dernier, soit environ une semaine après leur entérinement par l’Assemblée nationale. Une mise en place controversée à la base de tensions politiques bien perceptibles actuellement en République démocratique du Congo, RDC.

Denis Kadima le nouveau président de la CENI a démarré son mandat avec tout son bureau le mardi 26 Octobre 2021, après la cérémonie de prestation de serment devant la Haute Cour. Corneille Naanga, qui a eu à diriger la Centrale électorale pendant huit ans, a fait ses adieux le lundi 25 Octobre dernier. Le nouveau bureau de la Ceni n’a malheureusement pas fait exception par rapport aux trois précédents, en étant lui aussi l’objet de contestations déjà au départ. L’opposition au régime en place n’y trouvant pas son compte, refuse d’y faire partie en présentant les trois membres restant.

Le bloc patriotique pour barrer la route à la « dictature fatshiste »

Après l’annonce de sa constitution, le bloc patriotique, nouvelle structure composée de quelques forces politiques de l’opposition dont Lamuka de Martin Fayulu et le Fcc de Joseph Kabila, ainsi que des organisations de la société civile, a fait sa sortie médiatique le mardi 26 Octobre à Kinshasa.

Cette coalition anti tshisekediste a ainsi annoncé la tenue d’une grande manifestation pour le samedi 6 Novembre 2021. Ses animateurs déclarent qu’à cette occasion, « … le monde verra et comprendra que le peuple congolais n’est pas faible ni lâche, et qu’il est fondamentalement opposé à la parodie d’Etat de Droit irrévérencieusement scandé par ses hérauts… le constat de la gouvernance du pays est l’instauration lente mais sûre et résolue d’une dictature dévastatrice ». Les camps Fayulu et Kabila qui constituent principalement ce bloc, demandent aux congolais à travers les 4 coins du pays, à les rejoindre ce samedi 06 novembre 2021, pour cette grande marche populaire constitutionnellement garantie. Le bloc patriotique va aussi dire non d’après ses animateurs à une commission électorale nationale indépendante qu’ils estiment politisée, à « l’abrutissement » des élèves, à la « paupérisation » des enseignants, à l’absence de l’autorité de l’Etat, et à « l’escroquerie » via Ram.

Réponse du berger à la bergère

Comme il fallait s’y attendre, le camp Tshisekedi,  représenté par son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, ne s’est pas fait prier pour monter au créneau.
Son secrétaire général, Augustin Kabuya, s’est ainsi livré, sur Top Congo FM.

«Quand ils parlent de manifestations de grande envergure, nous allons aussi organiser des manifestations. Comme on veut nous retourner dans la rue, nous sommes disponibles pour faire cette démonstration avec nos amis», a-t-il lancé. Pour lui, le bloc mis en place par l’opposition traduit en réalité un « retour à la case départ. Tous ces gens, poursuit-il, sont des anciens collaborateurs de Joseph Kabila, qui n’étaient pas à l’aise pour l’avoir trahi alors qu’il leur avait tout donné. Aujourd’hui, comme ils n’ont plus de discours à tenir, ils veulent seulement tromper l’opinion… Ce sont des gens qui ont pillé ce pays. Ils sont très méchants et mécontents de Félix Tshisekedi parce qu’il est en train de remettre le pays sur les rails. C’est ça le vrai problème. Martin Fayulu et Moïse Katumbi étaient tous sous la coupe de Kabila alors que nous, nous avons dirigé Kabila. C’est comme une femme qui avait quitté le mariage et un jour elle décide d’y retourner pour élever ses enfants. Il n’y a aucun problème ».

A noter que l’Union sacrée de la nation, USN, coalition constituée il y a quelques mois par le Président Félix Tshisekedi, s’apprête aussi à vivre ses premières secousses. L’un des piliers de cette nouvelle majorité, Moïse Katumbi pour ne pas le citer, révolté lui aussi par la question de la Ceni, pourra se retirer avec sa plate-forme Ensemble pour la République, à l’issue des concertations qu’il aura à Kinshasa avec ses sociétaires. Va-t-il lui aussi rejoindre le bloc patriotique anti Tshisekedi ? That-is the question !