Ituri : Quelles chances pour les émissaires de paix de Tshisekedi ?

Ituri : Quelles chances pour les émissaires de paix de Tshisekedi ?

La série meurtrière continue en Ituri. Les noms de localités attaquées dans cette province du nord-est de la République démocratique du Congo, RDC, s’égrènent jour après jour, et le nombre des personnes tuées en une semaine se compte à plus d’une centaine. Le Président Tshisekedi a récemment demandé à ses « émissaires de paix » de retourner pour renouer le dialogue avec ces factions communautaires armées qui continuent de défier l’Etat Congolais.

Drodro, Tchabi, Ivo, Kateza, Ndoya… autant des localités en Ituri en totale désolation suite aux attaques meurtrières de ces derniers jours. Une opération militaire a été lancée mardi depuis l’Ouganda dans cette province et celle voisine du Nord-Kivu contre les rebelles des Forces Démocratiques Alliées, ADF, considérés par Kampala comme les auteurs de récents attentats djihadistes. Mais l’Ituri subit les exactions d’autres groupes armés. Plusieurs contrées de la province sont particulièrement touchées.

Une situation qui persiste depuis plusieurs années. Alors qu’en été 2020, président Félix Tshisekedi  avait pris une décision controversée en envoyant une demi-douzaine d’anciens chefs de guerre, en émissaires de paix dans l’Ituri. Le général Germain Katanga, condamné en 2014 par la Cour pénale internationale, CPI, pour crimes de guerre, fait partie de cette équipe d’émissaires dans cette zone ils avaient eux-mêmes semé la terreur dans les années 2000.

Après avoir négocié un cessez-le-feu avec certaines factions de la CODECO, ces émissaires ont été rappelés à Kinshasa à la fin de l’année. Mais sept mois après l’instauration de l’état de siège et la reprise des opérations militaires, Felix Tshisekedi vient de leur demander de repartir en Ituri et de renouer le dialogue avec les groupes armés. « Une lourde mission, celle d’aller convaincre les groupes armés locaux de cesser les hostilités », a reconnu l’un de ces émissaires.

Après des années de guerres meurtrières, opposant principalement les Hema aux Lendu, l’Ituri a connu un calme relatif pendant près de 20 ans. Fin 2017, les violences reprennent, sporadiques d’abord puis de plus grande ampleur en 2019, avec des factions communautaires structurées et bien armées. Malgré l’état de siège en Ituri et dans le Nord-Kivu, plus de 1 200 civils ont été massacrés depuis mai.

Dans l’opinion, une partie ne croit pas aux chances de ces « émissaires de paix » à réussir la mission leur confiée par le Président Congolais. Ce qui n’est pas le cas d’autres personnes qui veulent croire en restant optimistes et positifs.