IGF : Jules Alingeti à l’épreuve à l’ARMP

IGF : Jules Alingeti à l’épreuve à l’ARMP

Rien ne semble plus marcher au sein de l’Autorité de régulation des marchés publics, ARMP. La direction de cette importante structure ne rassure ni le personnel, ni les partenaires, ni l’Etat congolais propriétaire. Le népotisme, les malversations financières et autres maux qui gangrènent depuis la gestion de cette structure, ne pouvait que valoir la diligence d’une mission d’enquête de l’Inspection générale des Finances, IGF. Non sans inquiétude cependant.

D’aucuns se souviendront des articles de presse alarmants sur l’ARMP, parus notamment dans les journaux « Le Phare »  n°6402 du jeudi 01 octobre 2020 intitulé : ARMP, dix antennes fictives en provinces, et  celui de « la Prospérité » n°5420 du 2 octobre 2020 intitulé : ARMP, deux personnalités convoquées au Parquet. Ajouter à tout cela également la dénonciation faite par l’Observatoire de la dépense publique, ODEP, dans son communiqué du 14 Mai 2020, fustigeant une procédure irrégulière et inopportune de recrutement entre avril et mai 2020 d’agents et cadres, entre autres en violation de l’article 74.2 du décret n°10/21 du 02 juin 2010 portant création, organisation et fonctionnement de l’ARMP. La thèse de mégestion de l’Armp apparaît  aujourd’hui plus qu’une évidence.

Le Premier ministre en effet,  fatigué certainement de plusieurs mémos lui adressés notamment par le personnel de l’ARMP, sans oublier des publications parus dans plusieurs médias de la place exigeant par conséquent la signature d’un décret suspendant les dirigeants de l’ARMP pour plusieurs griefs, dont le népotisme dans la gestion de la respublica,  la malversation financière et la désertion de poste, Sama Lukondo a sollicité de l’Inspection Générale des Finances, IGF, un audit de la gestion décriée de cette structure.

C’est donc depuis le mardi 25 janvier 2022, pour ceux qui l’ignorent encore, que trois inspecteurs des finances sont à pieds d’œuvres à l’ARMP pour une mission d’un mois. Une décision qui rencontre la satisfaction totale des agents et cadres de l’ARMP, où on espère une sanction exemplaire à l’encontre tout justement des mandataires, dont le DG, le DG ai et le PCA ai.

Plusieurs analystes n’hésitent pas non plus de souligner que là où ces mandataires seront davantage mal à l’aise, c’est surtout dans cette affaire dite de « ngulus ARMP », où ces gestionnaires se sont permis de recruter pour les directions provinciales de l’ARMP, depuis juillet 2020, pendant la période du confinement, une centaine d’agents et cadres composés exclusivement de leurs propres enfants, membres de familles et connaissances. Ce, sans respect des procédures en la matière, sans autorisation de la tutelle -le Premier Ministre- et surtout sans existence réelle en provinces de ces fameuses directions provinciales. Là où cela sonne le détournement est que, quoique tous ces centaines d’agents sont tous présents à Kinshasa jusqu’à ce jour, ils perçoivent régulièrement leurs salaires payés par le Trésor-Public sans fournir en contrepartie les prestations attendues. A noter aussi que dans la dénonciation faite par des agents et cadres de l’Armp figure également l’ingérence quasi-permanente du PCA ai dans la gestion quotidienne de la structure.

Inquiétudes et assurances

Cependant, étant donné que le DG ai Jean-Pierre KAPUKU est un ancien inspecteur des finances, certains parmi le personnel marginalisé de l’Armp craignent que ce gestionnaire soit protégé, donc lavé de toutes ces accusations, par ses anciens collègues inspecteurs des finances malgré cette mission de contrôle en cours, sensée pourtant mettre à nu tous les méfaits objets des dénonciations.

Si les craintes exprimées ci-haut doivent être prises au sérieux, de l’avis d’un analyste, rien de tout ça ne doit remettre en cause la clairvoyance et la droiture dont l’inspecteur chef de service de l’Inspection Générale des finances, Jules ALINGETI pour ne pas le citer, a toujours fait preuve. Cette analyse qui se veut rassurante au profit de tous les plaignants, dénonciateurs et autres victimes, et émise par un autre analyste, s’avère être une assurance que la lutte contre la corruption si chère au Président Tshisekedi ne sera pas tournée en dérision à l’issue de cette mission d’audit de l’IGF en cours à l’ARMP. Wait and see !