La chercheuse Sephora Mianda Mutombo : « Les femmes ont prouvé leurs capacités scientifiques…»

La chercheuse Sephora Mianda Mutombo : « Les femmes ont prouvé leurs capacités scientifiques…»

Doctorante en sciences physiques, Sephora Mianda est originaire de la République Démocratique du Congo, RDC. Elle est spécialisée en chimie médicinale. Ses recherches portent sur « l’étude du potentiel antipaludique de 100 plantes de la collection de l’Université de Pretoria : une contribution à l’établissement d’une bibliothèque sud-africaine de produits naturels prête pour des campagnes de criblage à haut débit ». En ce mois de Mars dédié à la Femme, la rencontre avec cette scientifique s’est révélée très enrichissante.

Ses recherches contribuent à l’établissement d’une base des données des substances naturelles gardée dans un format standardisé et prête à être utilisée dans des tests haut débit pour l’évaluation d’activité biologique. Ceci représente une grande contribution pour l’Afrique étant donné que le continent regorge d’un grand nombre des plantes médicinales pouvant servir dans la recherche et découverte des médicaments utilisables dans la médecine moderne. En plus, ses recherches sont également orientées sur les plantes et les molécules qui ont une activité contre le Plasmodium falciparum (qui est le parasite qui cause la malaria sévère et celui qu’on retrouve le plus en Afrique), ces dernières seront utilisées dans le développement des nouveaux médicaments contre la malaria.

Chercher quotidiennement les moyens de combattre et d’éradiquer le paludisme

Devenir scientifique qui fut son rêve d’enfant est né avec la rencontre fortuite d’une femme professeure qui l’a incitée à poursuivre sa passion pour la chimie. Depuis, elle s’est consacrée à la chimie médicinale, en s’intéressant plus particulièrement à la découverte de molécules utilisables pour le traitement ou la prévention des maladies. Alors que le nombre de cas liés au paludisme en Afrique a atteint 229 millions en 2019, Sephora Mianda cherche quotidiennement des moyens de combattre et d’éradiquer la maladie. « J’aspire à ce que les scientifiques développent un jour un vaccin et un traitement qui cassent complètement la chaîne de transmission », déclare-t-elle.

Une attitude de Sephora Mianda Mutombo (Photo droits tiers)

Aider à prévenir la transmission du paludisme du moustique à l’homme

Pour réaliser cette ambition, Sephora Mianda étudie trois plantes médicinales dans le but d’en extraire des molécules ayant une activité antipaludique. Elle teste par exemple des molécules contre des souches sensibles et résistantes du parasite Plasmodium falciparum, responsable des formes cliniques graves ou mortelles du paludisme. En identifiant des molécules qui combattent ce parasite dans sa phase sexuée, elle peut aider à prévenir sa transmission de l’homme au moustique et contribuer à éradiquer la malaria dans le monde.

Fière que les femmes aient réussi à accomplir de nombreux exploits scientifiques

En outre, elle participe à l’établissement d’une bibliothèque sud-africaine de produits naturels, un dépôt d’extraits bruts et purifiés ainsi que de molécules pures provenant de plantes médicinales, stockés dans un format standardisé et facilement livrables aux campagnes de criblage à haut débit. L’objectif est de mettre toutes les informations récoltées à la disposition des chercheurs à partir d’une base de données en ligne. Sephora Mianda est fière que les femmes aient réussi à accomplir de nombreux exploits scientifiques, qu’il s’agisse de découvertes médicales, de contributions majeures à la NASA ou de nouvelles technologies de production d’électricité. « Les femmes ont prouvé leurs capacités scientifiques. Il s’agit maintenant de lutter contre la stigmatisation sociale, les stéréotypes culturels et les inégalités dans les milieux professionnels afin d’encourager davantage de femmes à poursuivre des carrières scientifiques », dit-t-elle.

A noter que Sephora Mianda Mutibo a été parmi les lauréates de la 12ème édition du programme régional Afrique subsaharienne L’Oréal-UNESCO For Women in Science Young Talent. Cette doctorante congolaise a donc  été primée aux côtés de 14 autres doctorantes et 5 post-doctorantes.