Maï-Ndombe : Après les Yaka et les Teke, menace d’un nouveau conflit entre trois autres ethnies

Maï-Ndombe : Après les Yaka et les Teke, menace d’un nouveau conflit entre trois autres ethnies

La 70ème réunion du Conseil des Ministres du Gouvernement de la République démocratique du Congo, RDC, s’est tenue par visioconférence sous la présidence cette fois-ci du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge. Il ressort entre autres des points d’informations de cette rencontre qui a eu lieu comme à l’accoutumée le vendredi 23 Septembre, qu’un nouveau conflit interethnique menace la province de Maï-Ndombe.

Alors que le conflit sanglant entre les ethnies Yaka et Teke ne semble pas avoir dit son dernier mot,  avec plusieurs pertes en vies humaines déjà enregistrées sans compter de dégâts matériels immenses, trois autres ethnies de cette province de Maï-Ndombe sont en position d’en découdre. Il s’agit des ethnies Baboma, Sakata et Dia dans le territoire de Kutu, opposés entre elles par un conflit foncier. Le Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur Daniel Okito Aselo, qui a partagé cette information lors de ce conseil des ministres, a cependant rassuré que cette situation est suivie de près par le Gouvernement pour éviter la répétition de ce qui se passe à Kwamouth entre les Yaka et les Teke.

Dans la perspective de restaurer la paix et la sécurité dans l’espace Grand Bandundu, peut-on encore lire dans le compte rendu de cette 70ème réunion des ministres, le Vice-Premier Ministre Daniel Okito a informé le Conseil « qu’il a échangé, le mercredi 21 septembre 2022, avec le Grand Chef Coutumier Yaka, Sa Majesté KIAMFU Frédéric INKANI de Kasongo-Lunda, le Caucus des élus du Kwango et le Gouverneur de la même Province afin de préparer la table-ronde intercommunautaire tant souhaitée par les Yaka que par les Teke. Il a également fait le point sur la situation dans le Maï-Ndombe où les dispositions ont été prises tant au niveau de son Ministère qu’au niveau du Ministère de l’Intérieur pour mettre fin à ces violences dont les conséquences sont actuellement reportées vers le Kwango et le Kwilu ».

L’opposant Adolphe Muzito revient lui-aussi de Maï-Ndombe, où en tant qu’originaire et leader du Grand Bandundu, il s’est investi dans la recherche de la solution pouvant mettre fin au conflit entre les Teke et les Yaka. Dans la restitution de son séjour sur place à Kwamouth, cet ancien premier ministre propose le renforcement de la sécurité pour que l’activité agricole reprenne car des assaillants viennent souvent des fermes, et opèrent tôt le matin ou le soir. Sur le plan humanitaire, Adolphe Muzito préconise une assistance aux sinistrés. Sur le plan judiciaire, il suggère que les coupables soient sanctionnés. Muzito estime qu’il faut une réglementation des redevances mais aussi la titrisation des terres au profit des chefs coutumiers. Il y va des droits des teke qui avaient déjà perdu certains de leur domaine avec l’installation de la capitale sur le sol de leurs ancêtres. Autre nécessité, la construction des routes de dessertes agricoles pour acheminer la production dans la capitale.