Un professeur kényan explique les avantages d’une Rdc pacifiée et stable

Un professeur kényan explique les avantages d’une Rdc pacifiée et stable
La route de Matadi ?? la hauteur du quartier UPN ?? Kinshasa, le 10/02/2017. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Alors que le déploiement de KDF dans le cadre de l’EACRF est considéré par certains comme une aubaine pour la RDC et peut en fait aider à atténuer les souffrances de la plupart des femmes et des enfants fuyant le conflit dans l’est de la RDC, il est nécessaire d’élargir les approches de résolution des conflits au-delà de l’engagement militaire et d’amener les groupes armés à la table des pourparlers comme c’est le  présentement à Nairobi. Comme beaucoup d’autres en Afrique, le conflit en RDC est unique et compliqué par des causes nationales et étrangères.

Le Gouvernement de Kinshasa se bat pour restaurer son autorité sur de zones de la République démocratique du Congo, RDC, actuellement sous occupation de l’armée rwandaise à travers le M23. Dans ces efforts congolais, Nairobi a apporté son appui, en déployant les Forces de défense du Kenya, KDF, dans le cadre de l’East African Force Régionale Communautaire, EACRF. Ce qui peut aussi signifier l’engagement du Kenya, déterminé à aider le tout nouvel entrant dans la Communauté de l’Afrique de l’Est, à se stabiliser. Surtout que c’est le Kenya qui a attiré et soutenu l’entréede la RDC dans cette organisation sous régionale. Dr Pierre Kirui, Maître de conférences et Professeur, s’y est penché dans son blog pour expliquer l’avantage à tirer dans une Rec stable et paisible. Votre média reprend ici cette publication.

Premièrement, historiquement, la Belgique a géré le Congo avec force. Les atrocités infligées aux Congolais par le roi Léopold II et l’assassinat du premier Premier ministre de la RDC, Patrice Lumumba, en 1961, témoignent d’une grande ingérence étrangère et de circonstances troubles sur lequel la RDC postindépendance a été construite. 

Deuxièmement, le génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda, et les groupes rebelles restants qui en résultent qui opèrent de l’autre côté de la frontière, ont fortement déstabilisé les hôtes de l’est du Congo. Alors que la RDC pointe un doigt accusateur sur l’Ouganda et le Rwanda dans leurs soutiens aux groupes rebelles sur son sol.

Mécanisme régional

Troisièmement, les opérations de paix en RDC au cours des deux dernières décennies ont porté peu ou pas de fruits. L’ONU devrait donc soutenir le mécanisme régional actuel, mais s’impliquer davantage dans le contexte local dans la recherche d’une solution politique, par opposition aux interventions militaires ponctuelles qui sont réactives, coûteuses et destinées simplement à sauver des vies plutôt qu’à construire une paix durable.

Quatrièmement, les vastes ressources naturelles et minérales de la RDC signifient que le conflit pourrait être basé sur les ressources, conduisant à ce que l’on appelle « la malédiction des ressources ». Par conséquent, il y a plusieurs saboteurs locaux et mondiaux aux processus de paix – ceux qui profitent du conflit en RDC en extrayant les minerais sans entrave.

Pour les spoilers, qui peuvent inclure de puissantes sociétés multinationales, MNC,  une RDC pacifique peut avoir une dynamique négative pour leurs entreprises minières. Bien sûr, les multinationales ont également apporté une contribution positive à la RDC, notamment à travers leurs activités de responsabilité sociale des entreprises.

Alors que les bottes kenyanes entrent au Congo, la navette diplomatique actuelle menée par l’ancien président Uhuru Kenyatta et son successeur, le président William Ruto , sont remarquables, et il reste à voir si elle changera la dynamique du conflit en faveur d’une solution politique.

Un Congo pacifique n’est pas seulement bon pour le Kenya ; il ouvrira toute la région des Grands Lacs africains, en reliant l’océan Indien à l’Atlantique. Avec le projet de barrage de Grand Inga en RDC qui devrait répondre à la plupart des besoins énergétiques du continent une fois achevé, et les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine, AfCFTA, une RDC pacifique est, certainement, bonne pour tout le monde, d’abord pour les Congolais et , deuxièmement, pour la prospérité de tout le continent.