RDC : La CENCO renforce le camp anti-Changement de la Constitution
L’Église catholique congolaise durcit officiellement le ton face aux velléités de modification de la Loi fondamentale. À travers une déclaration officielle de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, CENCO, l’épiscopat vient d’apporter un soutien de poids décisif au bloc opposé à la révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo, RDC, bien que cela ne soit pas une surprise.
C’est par la voix de son porte-parole, Monseigneur Donatien Nshole, la CENCO a en effet directement ciblé les intentions réelles derrière les initiatives de révision. L’Église constate avec regret que certains tenants du changement de la Constitution du 18 Février 2006 ne cachent plus leur principale motivation, qui est d’offrir un autre cycle de mandats à l’actuel Président de la République.
Pour les prélats, cette démarche ne représente rien de moins qu’une rupture du Pacte républicain. Ce texte de 2006 est rappelé comme un compromis politique historique, chèrement acquis par le peuple congolais après l’ensemble des crises politiques et militaires qui ont ensanglanté le pays depuis son indépendance en 1960.
L’épiscopat congolais a par la même occasion émis un avertissement solennel quant aux conséquences d’une telle entreprise. Toucher aux matières verrouillées par l’article 220, qui encadre notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels, revient à fragiliser le rempart ultime contre la dictature et la privatisation de l’État. Les évêques préviennent que forcer ce verrou juridique ferait courir à la nation des risques énormes. La CENCO évoque explicitement des menaces de balkanisation du territoire national ainsi que le spectre d’une nouvelle guerre civile, dans un contexte sécuritaire déjà fortement fragilisé dans l’est du pays.
Cette prise de position ferme fait suite à un processus de profond discernement mené par la haute hiérarchie ecclésiastique. Au terme de leurs analyses, les évêques affirment ne percevoir ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité d’un changement de la Constitution.
Se déclarant catégoriquement opposée à tout changement constitutionnel, la CENCO rappelle les dirigeants à leurs obligations premières. Selon l’Église, l’agenda politique actuel doit impérativement se concentrer sur le rétablissement de la paix, l’amélioration du bien-être social de la population, la préservation de l’unité et le renforcement de la cohésion nationale.
