Réforme constitutionnelle : Le Sénat enfonce le clou ! L’opposition passe à la vitesse supérieure
Le Parlement accélère la cadence sur la question controversée de la réforme constitutionnelle en République Démocratique du Congo, RDC. Réunie en plénière, la Chambre haute du Parlement a adopté en seconde lecture, à l’unanimité des 89 sénateurs présents, le Projet de loi sur l’organisation du référendum. Le texte a ensuite fait l’objet d’une harmonisation entre les deux chambres. Ce qui fait monter davantage la tension politique. L’opposition, vent debout, appelle à la résistance citoyenne pour faire barrage à ce processus qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel ».
La machine institutionnelle ne semble plus vouloir s’arrêter, le projet de loi portant sur l’organisation du référendum franchit les étapes à grande vitesse. Après avoir été validé par l’Assemblée nationale, le texte avait été soumis à l’examen de la Commission politique, administrative, juridique et des droits humains, PAJ, du Sénat avant d’être adopté ce lundi 15 Juin 2026 par la chambre haute. Ce qui attise davantage le feu entre la Majorité au pouvoir et l’Opposition politique.
Cette adoption en seconde lecture ai Sénat a comporté une modification substantielle concernant la composition de l’assemblée constituante ainsi que la présidence collégiale. Ce qui a conduit ensuite les deux chambres à s’accorder sur un texte commun, en élaguant les conseillers communaux dans la Constituante et en acceptant aussi que la Constituante soit dirigée par le Président de l’Assemblée nationale, qui étaient les deux points de divergence Ainsi fait, le texte final est transmis au Chef de l’État pour promulgation.
Pour la Majorité au pouvoir, il s’agit d’actualiser un arsenal juridique obsolète, le cadre réglementaire datant de 2005. Mais pour les détracteurs du régime, l’empressement du Parlement est perçu comme une manœuvre orchestrée pour permettre au président Félix Tshisekedi d’obtenir un troisième mandat via l’adoption d’une nouvelle constitution.
Face à cette avancée du camp présidentiel, l’opposition ne compte pas baisser les bras. Sur les ondes de RFI, Delly Sesanga a haussé le ton au nom de la plateforme d’opposition, en martelant que l’opposition est vent debout contre ce processus. « Nous nous mobilisons pour que l’ordre institutionnel soit respecté », a-t-il affirmé avec force, dénonçant une dérive autoritaire et une violation du serment constitutionnel. La ligne d’action de la plateforme de l’opposition C64, qui rassemble des figures de proue telles que Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund, soutien qu’il est hors de question de cautionner une initiative qui ouvrirait la voie à une révision de la loi fondamentale en pleine période d’insécurité dans l’Est du pays.
Les prochains jours s’annoncent donc décisifs pour l’avenir institutionnel de la RDC. D’un côté, le processus institutionnel suit son cours avec bientôt la promulgation par le Président de la République de cette loi sur l’organisation du référendum. De l’autre, la rue et les tribunes médiatiques deviennent les nouveaux champs de bataille d’une opposition qui se dit plus déterminée que jamais à bloquer toute tentative de modification constitutionnelle. L’appel à la mobilisation lancé par Delly Sesanga et ses pairs résonne comme un avertissement direct aux autorités : la bataille pour la sauvegarde des institutions ne fait que commencer.
