Réforme constitutionnelle : L’ECC met le camp Tshisekedi dos au mur

Réforme constitutionnelle : L’ECC met le camp Tshisekedi dos au mur
(Photo droits tiers).

Alors que le débat sur la révision ou le changement de la Constitution s’intensifie sous l’impulsion de la majorité au pouvoir, l’Église du Christ au Congo, ECC, vient de briser le silence. En clarifiant officiellement sa position, le Comité Exécutif de l’une des plus grandes confessions religieuses de la République démocratique du Congo, RDC, vient de poser des conditions qui s’apparentent, après analyse, à un rejet catégorique de la démarche de l’Union Sacrée.

Pour l’ECC, toute initiative de réforme dans le contexte actuel est soumise à des conditions strictes. Elle exige « impérativement » un cadre national inclusif et apaisé, mais surtout le respect scrupuleux des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution en vigueur. Derrière ce rappel technique des textes se cache un message politique d’une grande fermeté.

En convoquant ces articles spécifiques, l’ECC verrouille le débat : l’article 5 consacre la souveraineté nationale qui appartient au peuple ; les articles 218 et 219 fixent des conditions strictes et des limitations temporelles aux procédures de révision ; l’article 220 sanctuarise les matières intangibles, notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels, ainsi que la forme républicaine de l’État.

En insistant sur ces garde-fous, l’institution religieuse oppose un « NON » sans équivoque aux initiatives de modification du texte fondamental par le camp présidentiel. Elle place ainsi le régime du président Félix Tshisekedi face à ses propres responsabilités et devant une impasse politique.

Cette prise de position vient balayer les rumeurs qui accusaient déjà l’ECC d’avoir été « vendue » ou récupérée par le pouvoir en place. Elle démontre que la coalition historique entre l’ECC et sa sœur catholique, la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, reste soudée et n’a pas encore dit son dernier mot face aux dérives qu’elles dénoncent.

Ce front commun religieux face au régime de Félix Tshisekedi s’inscrit dans un climat de méfiance réciproque déjà bien installé. Kinshasa et une bonne partie de l’opinion publique nationale gardent en mémoire les récents déplacements de délégations de haut niveau du tandem CENCO-ECC. Leurs passages dans les zones occupées par la coalition rebelle RDF-AFC/M23, ainsi qu’au Rwanda, avaient suscité une vive polémique. Les discours tenus à ces occasions, jugés trop complaisants envers les rebelles et le régime de Kigali, avaient été perçus par les autorités congolaises comme un véritable affront en cette période d’agression militaire à l’Est du pays.

Avec cette sortie médiatique sur la Constitution, l’ECC prouve qu’elle refuse de s’aligner et qu’elle entend jouer un rôle d’arbitre intransigeant, quitte à durcir le bras de fer avec le sommet de l’État.

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La REDACTION

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