CPI : Une plainte suspecte déposée contre Tshisekedi
Le feuilleton judiciaire congolais prend une tournure internationale avec une plainte formelle ciblant directement le Chef de l’État Félix Tshisekedi et son régime. Elle a été déposée et enregistrée au greffe du bureau du Procureur de la Cour pénale internationale, CPI, à La Haye, ce vendredi 10 Juillet 2026.
D’après de sources concordantes, cette initiative émane d’organisations de la société civile originaires du Katanga, rejointes dans leur démarche par plusieurs syndicats. Pour porter cette action devant la juridiction internationale, les requérants ont mandaté deux figures du barreau, Me Bernard Maingain et Me Hervé Diakiese, tous deux réputés proches de l’opposant Moïse Katumbi. Un secret de polichinelle.
La saisine repose sur des faits qualifiés de « crimes d’État » et de « crimes contre l’humanité ». Les mêmes sources renseignent que plus d’une centaine de familles de victimes se sont déjà jointes à la procédure en attribuant leur mandat aux deux avocats pour les représenter officiellement.
Le dossier déposé à la CPI compile des éléments sur des supposés massacres commis en République démocratique du Congo, RDC, sur une période de près de six ans, allant de mars 2020 à janvier 2026. La plainte dresse une cartographie étendue des violences, touchant principalement le Grand Katanga mais s’étendant également à d’autres provinces. Parmi les localités, communes et villes explicitement citées figurent Lubumbashi, Likasi, Fungurume, et Kolwezi, Mitwaba, Kasumbalesa, Pweto, Bukama, Kimbembe, Rwashi, Kilobelobe, Kapemba, Kilwa, Goma, Matadi et Kinshasa.
Un double standard face à l’agression rwandaise qui suscite la suspicion
Dans l’opinion publique congolaise, cette démarche suscite d’ores et déjà de vives réactions et une profonde suspicion quant aux motivations réelles de ses initiateurs visibles et invisibles. De nombreux observateurs et citoyens s’interrogent sur le timing et la cible exclusive de cette plainte.
La critique majeure réside dans le fait qu’une telle offensive juridique n’a jamais été menée par ces mêmes acteurs contre le Rwanda ou son président Paul Kagame. Pourtant, d’innombrables rapports nationaux et internationaux documentent rigoureusement, depuis trois décennies, la guerre d’agression menée par Kigali sur le sol congolais, avec son lot de tueries, de pillages et de massacres de masse. Ce contraste flagrant pousse une grande partie de l’opinion à percevoir cette démarche à la CPI comme une manœuvre purement politique visant à fragiliser Kinshasa au profit de Kigali, plutôt qu’une quête désintéressée de justice pour l’ensemble des victimes congolaises. Une sorte de complicité qui ne dit pas son nom pensent certains.
Qu’à cela ne tienne, ce dépôt de plainte ouvre un nouveau front judiciaire à l’international. Il appartiendra désormais au bureau du Procureur de la CPI d’analyser la recevabilité et la solidité des éléments contenus dans ce volumineux dossier.
