Les États-Unis impuissants devant le Rwanda ?
La réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations-Unies consacrée à la RDC qui s’est tenue le vendredi 12 Décembre 2025 à New-York, a été marquée par la vive dénonciation des États-Unis qui ont dénoncé et sans ambiguïté l’ingérence armée sans cesse croissante du Rwanda dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo, RDC. Ce, malgré l’Accord de paix signé à Washington le 4 Décembre dernier sous l’égide du Président Donald Trump.
En effet, lors de cette réunion au Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, a présenté des éléments de preuve indiquant une ingérence rwandaise accrue dans l’est de la RDC. Selon Washington, le Rwanda exerce un contrôle direct sur le mouvement rebelle M23 et sa branche politique, l’Alliance des forces congolaises, AFC, depuis 2021, avec l’implication directe du président rwandais Paul Kagame dans la planification et la supervision intime des opérations militaires et politiques.
« Ces derniers mois, le Rwanda a déployé de nombreux missiles sol-air et d’autres armements lourds et sophistiqués dans le Nord et le Sud-Kivu pour aider le M23 dans sa guerre contre la RDC. Le Rwanda et le M23 ont lancé leur offensive pas plus tard que le week-end dernier pour prendre le contrôle d’Uvira avec les forces rwandaises en première ligne au côté du M23. Nous avons des informations crédibles d’une augmentation de l’utilisation de drones suicides et d’artillerie de la part du M23 et du Rwanda, y compris des frappes au Burundi. Au lieu d’une avancée vers la paix – comme nous l’avons vu sous la direction du président Trump ces dernières semaines – le Rwanda mène la région vers plus d’instabilité et vers la guerre. Au vu des engagements qui ont été pris dans le cadre de l’accord de Washington, nous sommes profondément préoccupés par la présence continue de militaires rwandais en territoire congolais pour soutenir le M23. Et nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour tenir pour responsables ceux qui sapent la paix », a dénoncé Mike Waltz lors de ladite réunion du Conseil de sécurité.
Pour sa part, la Ministre d’État et ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner a, à cette occasion, alerté le Conseil de sécurité notamment sur l’aggravation de la crise dans l’Est de la RDC, où les attaques de la coalition RDF–M23 ont déplacé plus de 500 000 personnes. Elle a dénoncé la violation de l’Accord de Washington, la non-application de la résolution 2773 et les obstacles humanitaires, mis en garde contre le risque de régionalisation. Elle a aussi condamné la désinformation et appelé le Conseil à assumer ses responsabilités face à l’impunité persistante.
Face à ce qui ressemble à un affront du Rwanda face aux États-Unis parrains de l’Accord de Paix de Washington, le pays de Donald Trump a exigé le retrait immédiat des forces rwandaises, averti qu’il mettrait en œuvre tous les moyens nécessaires pour que les responsables rendent des comptes et exprimé son soutien au renforcement du mandat de la Monusco afin d’améliorer la protection des civils.
Un discours qui se confond à plusieurs autres déjà prononcés auparavant non seulement par les États-Unis mais aussi par d’autres puissances membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Des attitudes restées jusqu’ici impuissantes face à Paul Kagame que rien ne semble en tout cas arrêter, pense-t-on dans l’opinion.
Wait and see !
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