Bataille autour de la journée du 3 Juin dans le Haut-Katanga
À la veille de la journée « ville morte » décrétée par l’opposition politique sur l’ensemble du territoire national de la République Démocratique du Congo, RDC, la province du Haut-Katanga est plongée dans une intense effervescence qui ne dit pas son nom. Cette initiative, visant à paralyser le pays pour protester contre le pouvoir de Félix Tshisekedi, cristallise les tensions au sein des structures socio-politiques locales, qui se livrent désormais à une véritable guerre de mots et de stratégies.
D’un côté, les mouvements proches de l’opposition affûtent leurs armes pour garantir le succès de ce mot d’ordre. Junior Monga, président national de l’Association de la jeunesse du Katanga, a lancé un vibrant appel à une « conscience constructive » et à une mobilisation générale pour ce mercredi 3 juin 2026. Au-delà de la simple paralysie des activités, ce regroupement de jeunes entend faire de cette journée un rempart contre tout projet de révision constitutionnelle. Junior Monga n’a pas manqué de piquer le régime actuel en rappelant que l’UDPS et ses alliés, alors dans l’opposition sous l’ère Kabila, s’étaient farouchement opposés à toute modification de la loi fondamentale.
Face à ce discours de rupture, le camp présidentiel s’organise pour briser le mot d’ordre et prêcher pour une « journée vivante ». Au sein de l’Union nationale des fédéralistes du Congo, UNAFEC, parti phare de l’Union sacrée de la nation, USN, la réplique est catégorique. Trésor Ngoy, alias « Tembo du Katanga », figure très influente du parti, dément avec la plus grande énergie les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux qui prêtaient à l’UNAFEC l’intention de soutenir la ville morte.
Pour les héritiers politiques de feu Gabriel Kyungu wa Kumwanza, le mercredi 3 Juin reste une journée parfaitement ouvrable. Trésor Ngoy a invité la population du Grand Katanga à vaquer librement à ses occupations quotidiennes tout en réaffirmant le soutien indéfectible de son parti au Chef de l’État. Prenant le contre-pied parfait de ses adversaires, le cadre de l’UNAFEC a rappelé que sa formation politique soutient pleinement la réflexion globale amorcée autour de la révision de la Constitution.
Entre l’appel au boycott économique de l’opposition et les assurances de normalité données par la majorité au pouvoir, le comportement de la population de Lubumbashi et des autres grandes agglomérations de la province sera le véritable juge de paix de cette bataille politique.
