Désordre sur les plateaux : Christian Bosembe déplore, avertit et menace
Le ton est monté d’un cran face à la multiplication des dérapages verbaux et des scènes de pugilat qui polluent l’espace audiovisuel congolais. Le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, CSAC, Christian Bosembe, tape du poing sur la table dans une déclaration aux allures d’ultimatum, il prévient : l’ère de l’impunité pour le « buzz » destructeur est révolue.
C’est un cri d’alarme qui ressemble à un dernier avertissement. Depuis plusieurs mois, les téléspectateurs assistent, médusés, à une déchéance continue du débat public. Ce qui devrait être un sanctuaire de l’intelligence est devenu, selon les mots de Christian Bosembe, un « champ de bataille ». Les insultes ont remplacé les idées, et les invectives ont supplanté les arguments.
Le constat de Me Christian Bosembe est sans appel : la dérive est totale. « On crie, on insulte, on s’humilie, parfois on en vient aux mains », déplore-t-il. Pour le garant de la régulation des médias en RDC, ces scènes ne sont pas de simples incidents de parcours, mais des fautes professionnelles et déontologiques graves qui menacent l’équilibre même de la société.

S’adressant directement aux animateurs, il rappelle une règle d’or oubliée : le présentateur est le maître du jeu. « Reprenez le contrôle. Préparez vos émissions. Encadrez vos invités », martèle-t-il. Pour le CSAC, un journaliste qui laisse son plateau s’embraser pour une poignée de vues sur les réseaux sociaux se rend complice de la destruction du débat public.
Le message s’adresse également aux propriétaires de chaînes de télévision et de médias en ligne. Dans une course effrénée à l’audience, beaucoup ont sacrifié l’éthique sur l’autel du sensationnalisme. Christian Bosembe est formel : « Le buzz ne construit rien. Il détruit ».
Désormais, la rigueur sera la règle. Les grilles de programmes seront passées au crible et les sanctions, promet-il, seront « fermes » et « sans hésitation ». Les émissions transformées en tribunaux d’injures seront purement et simplement interdites. L’invitation systématique de personnalités « surexcitées » ou de polémistes enclins à la diffamation est désormais dans le viseur du régulateur.
En convoquant la pensée de Gustave Le Bon, Christian Bosembe rappelle que si les divergences intellectuelles font progresser la société, les passions aveugles, elles, ne mènent qu’à l’affrontement. « La démocratie se nourrit de contradiction, mais d’une contradiction maîtrisée, respectueuse et éclairée ».
Cet avertissement résonne comme une volonté de restaurer la dignité de la presse congolaise. Entre la liberté d’expression et le libertinage injurieux, le CSAC a choisi de tracer une ligne rouge. Il appartient désormais aux professionnels des médias de choisir leur camp : celui de la construction nationale ou celui du chaos médiatique.
