Ituri : Kinshasa fait bloc derrière son gouverneur militaire face aux pressions ougandaises
Dans un climat de tensions diplomatiques croissantes, le gouvernement de Félix Tshisekedi a formellement rejeté les exigences de l’armée ougandaise, UPDF, réclamant la destitution du Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, Gouverneur militaire de la province de l’Ituri.
Le bras de fer entre Kinshasa et Kampala a en effet franchi un nouveau palier ce mois-ci. Selon plusieurs sources, les autorités ougandaises auraient fait pression pour obtenir l’éviction du Gouverneur Luboya, l’accusant de faire obstacle aux opérations conjointes menées dans la région.
Un rejet catégorique de Kinshasa
Le pouvoir congolais a choisi la fermeté. En maintenant le Lieutenant-général Luboya à son poste, le président Félix Tshisekedi réaffirme sa confiance envers l’administration militaire de l’Ituri, instaurée dans le cadre de l’état de siège. Ce refus marque une volonté claire de Kinshasa de limiter l’influence de son voisin ougandais dans la gestion sécuritaire et administrative de l’Est de la RDC.
Ce rejet intervient dans un contexte de crise ouverte. Le 4 mars 2026, le Gouverneur Luboya a ordonné la fermeture des postes-frontières d’Anzida et de Karombo au passage des troupes et matériels de l’UPDF. Cette décision fait suite à des accusations de trafics illicites (bois, or) et de partialité ethnique portées contre certains éléments de l’armée ougandaise opérant sur le sol congolais sous la bannière de l’opération Shujaa.
La tension est également exacerbée notamment par les sorties médiatiques du général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces de défense ougandaises. Ce dernier avait ouvertement critiqué le Gouverneur de l’Ituri, allant jusqu’à menacer de l’arrêter, le qualifiant de frein aux opérations contre les rebelles ADF.
En opposant une fin de recevoir à Kampala, le gouvernement congolais privilégie la souveraineté nationale au détriment d’une coopération militaire devenue de plus en plus illisible et contestée par les populations locales.
