RDC : Une première raffinerie d’or publique pour briser le cycle de la contrebande
La République démocratique du Congo, RDC, franchit une étape historique dans la gestion de ses ressources minérales. Le gouvernement a officiellement inauguré DRC Gold Refinery S.A., sa toute première raffinerie d’or publique. Cette infrastructure stratégique à la noble mérite de marquer une rupture majeure avec des décennies d’exportations brutes et de commerce illicite qui ont alimenté l’instabilité dans l’Est du pays.
Fruit d’un partenariat entre l’entreprise publique DRC Gold Trading S.A. et la société Lunga Mining, ce projet vise en effet à transformer localement le métal précieux avant toute exportation. Sous l’impulsion de la vision du Président Félix Tshisekedi, le pays ambitionne de passer du statut de simple extracteur à celui de producteur d’or raffiné d’une pureté de 99,9 %.
L’usine prévoit de traiter entre 500 et 600 kilogrammes d’or par mois. L’installation couvre toutes les étapes, de l’achat de l’or artisanal au raffinage et à la production de lingots. Une initiative qui s’inscrit dans un plan global incluant l’ouverture de succursales de rachat, comme celle récemment inaugurée à Lubumbashi, pour capter la production artisanale.
Un coup d’arrêt à l’économie de guerre
Historiquement, une grande partie de l’or extrait en RDC échappait au contrôle de l’État, transitant par des réseaux de contrebande transfrontaliers, notamment vers le Rwanda, pour y être raffiné. Ce commerce parallèle a longtemps été identifié comme l’un des principaux moteurs des conflits armés dans les provinces riches en minéraux.
Le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a souligné à cette occasion que cette raffinerie est un « maillon essentiel » pour garantir la transparence et la traçabilité. En proposant un circuit officiel et sécurisé, le gouvernement espère décourager les fraudeurs et rediriger les revenus miniers vers le Trésor public pour financer le développement national.
Si l’inauguration est saluée comme une victoire pour la souveraineté économique, le défi reste de taille : convaincre les exploitants artisanaux de rejoindre le circuit formel. Le gouvernement a lancé un appel vibrant aux acteurs du secteur pour qu’ils mettent fin aux pratiques illicites et contribuent à la reconstruction du pays.
Avec cette usine, la RDC n’exporte plus seulement son sous-sol, mais aussi son savoir-faire industriel, espérant ainsi transformer ses « minerais de sang » en un véritable levier de prospérité pour le peuple congolais.
