Le compte à rebours est lancé contre Tshisekedi. Voici les scénarios possibles…
En République Démocratique du Congo, RDC, la perspective d’une révision constitutionnelle pour un éventuel troisième mandat du Président Félix Tshisekedi a unifié l’opposition. Face à ce qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel », des poids lourds politiques notamment Dénis Mukwege, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sessanga, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo et dans l’ombre Joseph Kabila, un secret de polichinelle, ont lancé la coalition « C64 », invoquant l’Article 64 de la Constitution pour faire barrage au pouvoir. Une nouvelle alliance officialisée le 19 Mai 2026 dans la capitale congolaise. Cette plateforme a lancé un compte à rebours démocratique. Alors que la tension monte, l’échiquier politique congolais s’articule autour de quelques scénarios possibles.
En effet, par la voix de Nicolas Lenga, la coalition a clairement exigé le départ de Félix Tshisekedi à l’expiration de son mandat en 2028, affirmant que cela se ferait avec ou sans l’organisation d’une élection.
Entre stratégies de palais et échos de la rue, l’avenir institutionnel du pays tend à prendre plusieurs trajectoires majeures.
La porte de sortie institutionnelle
Le Président Félix Tshisekedi décide de ne pas briguer un troisième mandat. Il choisit un dauphin au sein de sa famille politique, organise les élections prévues en 2028 et quitte le pouvoir à l’issue de ses deux mandats constitutionnels. Ce scénario constituerait une première dans l’histoire de la RDC et renforcerait l’ancrage démocratique du pays, mais il nécessitera la fin de l’occupation rwandaise des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le référendum contre l’Article 64
Le pouvoir sortant organise un référendum constitutionnel pour adopter une nouvelle République. Le « oui » l’emporte, entraînant une remise à zéro des compteurs de mandats qui permet à Félix Tshisekedi de se représenter. En réaction, l’opposition passerait à l’offensive en appliquant à sa manière l’Article 64 de la Constitution, qui autorise tout citoyen à faire échec à quiconque prend ou exerce le pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles. Ce bras de fer juridique et institutionnel comporte un risque élevé de troubles à l’ordre public et d’affrontements politiques de grande ampleur. Reste encore à savoir si le référendum constitutionnel pourra être organisé si les territoires occupés n’étaient toujours pas libérés.
Le dialogue inclusif
Les tensions deviennent trop vives pour organiser des scrutins pacifiques. La communauté internationale et la classe politique poussent à la tenue d’un dialogue inclusif national. Ces assises débouchent sur une période de transition partagée. Félix Tshisekedi prolonge son mandat de fait pour diriger cette transition, le temps de restructurer le système électoral avec l’opposition. Ce scénario a déjà été observé dans l’histoire politique récente du pays pour éviter des blocages institutionnels majeurs.
La rue
Au-delà des subtilités juridiques et des stratégies des états-majors politiques, une réalité s’impose : tout se jouera sur le terrain populaire. La pérennisation du projet présidentiel ou, à l’inverse, le triomphe des contestations dépendra de la capacité de mobilisation des foules. Entre les partisans du Président Tshisekedi et les sympathisants de l’opposition, c’est l’ampleur de la mobilisation populaire qui dictera l’issue finale de cette crise naissante.
Qui vivra verra !
