3e mandat : Denis Mukwege incisif !

3e mandat : Denis Mukwege incisif !

Face aux velléités de révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo, le Prix Nobel de la Paix, le Docteur Denis Mukwege, a élevé la voix. Dans une prise de position ferme, il met en garde le régime contre un passage en force qui menacerait l’alternance démocratique. La position du célèbre chirurgien de Panzi se résume en un slogan sans équivoque : « Touche pas à ma Constitution ! ».

Dans une déclaration publique incisive, l’ancien candidat à la présidentielle s’oppose catégoriquement en effet à toute modification de la Loi fondamentale destinée à maintenir le président Félix Tshisekedi au pouvoir.

Alors que le second et dernier mandat du Chef de l’État doit constitutionnellement expirer le 20 Janvier 2029, le Dr Mukwege estime que le lancement des discussions autour d’un troisième mandat met en péril les fondements mêmes de la démocratie congolaise. Il fustige l’attitude de la coalition au pouvoir, l’Union sacrée, qu’il accuse de vouloir instaurer un système basé sur le culte de la personnalité pour s’accrocher au pouvoir. Cette démarche est d’autant plus inacceptable, selon lui, qu’elle intervient après un bilan qu’il qualifie de « désastreux » sur les plans sécuritaire, économique et social. Rappelant les textes légaux, il martèle que la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple et qu’aucun individu ne peut se l’approprier.

Dans sa déclaration, le Prix Nobel pointe également du doigt les contradictions flagrantes des tenants du pouvoir. Il dénonce l’hypocrisie de ceux qui qualifient le texte actuel de « Constitution des étrangers » tout en bradant, en parallèle, les minerais stratégiques du pays à des puissances extérieures. Plus cinglant encore, il rappelle que les dirigeants actuels sont les mêmes qui, il y a moins de dix ans, descendaient dans la rue pour défendre cette même Constitution au péril de la vie de jeunes Congolais. Face aux rumeurs d’un report des élections de 2028 et d’un nouveau « glissement » du calendrier électoral pour raisons sécuritaires, Denis Mukwege démonte l’argumentaire du régime : si l’insécurité à l’Est prive 12 millions de citoyens du Kivu de leur droit de vote, ces mêmes conditions rendent techniquement impossible l’organisation d’un référendum légitime pour changer la Constitution.

Pour le Dr Mukwege, la crise congolaise n’est pas une question de textes inadaptés, mais un problème criant de gouvernance et d’hommes capables de diriger avec efficacité. Il rappelle les dispositions strictes de l’actuelle Loi fondamentale, d’une part le 219 qui interdit formellement toute révision constitutionnelle en période d’état de guerre, d’urgence ou de siège et d’autre part le 220 qui verrouille totalement le nombre et la durée des mandats présidentiels, excluant ces sujets de tout champ de révision.

Inquiet de voir le pays plonger dans une nouvelle instabilité institutionnelle qui briserait la cohésion sociale, le médecin directeur de l’hôpital de Panzi lance un appel vibrant aux forces vives de la nation et à la population. Il exhorte les citoyens à un « sursaut citoyen » pour bloquer toute dérive autoritaire et exige que le régime se concentre exclusivement sur les deux priorités existentielles du pays : mettre fin à la guerre à l’Est et restaurer l’autorité de l’État.

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La REDACTION

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