RDC-Rwanda : Paris pris en flagrant délit. Encore !
La diplomatie française vient de confirmer son alignement stratégique avec le régime rwandais dans la crise des Grands Lacs. Lors d’un entretien exclusif accordé le 12 Mai 2026 à RFI, France 24 et TV5 Monde en marge du sommet Africa Forward à Nairobi, le Président français Emmanuel Macron a ouvertement fustigé les sanctions financières américaines contre le Rwanda. Cette prise de position unilatérale désavoue l’offensive diplomatique de Kinshasa et illustre l’influence considérable que l’Hexagone exerce pour protéger les intérêts de Paul Kagame sur la scène internationale. Face à cette complaisance persistante, la République Démocratique du Congo, RDC, n’a d’autre choix que de maintenir une vigilance absolue et permanente sur tous les fronts.
L’intervention d’Emmanuel Macron marque en effet un refus catégorique d’isoler le régime rwandais, malgré les preuves documentées par l’ONU sur son soutien militaire aux rebelles de l’AFC/M23. La ligne de la France caractérisée par le rejet des sanctions, la contestation de la ligne américaine, et le raisonnement biaisé par le renvoi dos à dos de l’agresseur et de l’agressé, clairement exprimée par le Président français dans cette interview, s’inscrit dans la continuité de la politique macroniste depuis 2021. A ce sujet, le Rwanda est pris comme un bras armé pour sécuriser des intérêts français sur le continent, notamment au Mozambique via les troupes rwandaises protégeant les sites de TotalÉnergies.
Ce nouvel épisode rappelle que la France privilégie structurellement sa relation bilatérale avec le régime de Paul Kagame. Alors que la souveraineté congolaise est bafouée dans le Nord-Kivu, l’Élysée continue de prôner un « dialogue respectueux », une formule perçue à Kinshasa comme un outil de temporisation offrant une impunité de fait à l’armée rwandaise. En insistant pour replacer les négociations sous l’égide d’une médiation élargie plutôt que d’accentuer la pression coercitive, la France cherche à affaiblir les leviers juridiques et diplomatiques de la RDC.
Devant ce double jeu international et l’influence multilatérale de la France, la RDC doit impérativement cesser toute naïveté diplomatique. La prudence doit guider chaque décision de l’exécutif congolais à travers une stratégie de vigilance renforcée tant sur le front militaire, le front diplomatique que le front économique.
L’histoire récente prouve que le salut de la RDC ne viendra pas de l’Élysée. Tant que Paris considèrera le Rwanda comme son principal pivot d’influence en Afrique centrale, Kinshasa devra traiter chaque initiative française avec la plus grande circonspection.
