Scandale ! La Sicomines signe une rébellion contractuelle dans le Programme Sino-Congolais

Scandale ! La Sicomines signe une rébellion contractuelle dans le Programme Sino-Congolais

Le partenariat « gagnant-gagnant » tant vanté entre la République Démocratique du Congo, RDC, et la Chine vient de heurter un mur de plein fouet. Dans une démonstration de force inédite, la direction de la Sino-Congolaise des mines, SICOMINES, a brutalement rejeté l’audit technique et financier lancé par l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration, APCSC. Un véritable affront diplomatique et économique qui fragilise les accords récemment renégociés.

 

Alors que l’on pensait le climat apaisé après la signature de l’Avenant 5 du « Contrat Chinois », la tension est montée d’un cran. Par une correspondance au ton particulièrement agressif, Hao Guoqiang, à la tête de la joint-venture, a littéralement claqué la porte à l’initiative congolaise des audits. Qualifiant la démarche de l’APCSC de « juridiquement vide », la Sicomines refuse désormais tout contrôle sur ses activités minières, ses infrastructures et la gestion stratégique du barrage de Busanga.

 

Une attitude du DG de l’APCSC, Me Freddy Yodi Shembo, lors de son passage le 26 Mars 2026, au JT de la Radio-Télévision nationale Congolaise, RTNC. (Photo droits tiers)

 

Cette résistance frontale intervient alors que Me Freddy Yodi Shembo, Directeur Général de l’APCSC, avait pourtant multiplié les gages de transparence. Lors d’une récente intervention sur la Radio-Télévision nationale Congolaise, RTNC, il rappelait que cet audit n’était pas un acte d’hostilité, ni un acharnement, mais une obligation contractuelle issue des accords de 2024.

 

Le « gagnant-gagnant » en péril

L’objectif de cet audit était pourtant clair avait tenté d’expliquer Me Freddy Y. Shembo : établir une « photographie objective » de l’exécution du projet entre 2008 et 2024. Il s’agissait, selon la vision du Président Félix Tshisekedi, de rééquilibrer un contrat historiquement jugé en défaveur de la RDC.

« Lorsqu’on a eu la révisitation technique du Contrat Chinois entre 2023 et 2024, on a abouti à la signature de l’avenant 5. Et ce dernier prévoyait entre autres l’audit du Programme. C’est-à-dire qu’il était impossible de parvenir à l’objectif recherché par l’Autorité, Son Excellence Monsieur le Président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo, visant le rééquilibrage pour que les deux parties soient dans un partenariat gagnant-gagnant. Mais il s’est avéré que les deux parties, c’est-à-dire chinoise et congolaise étaient dans deux extrêmes avec des allégations contradictoires, et on est arrivé à un principe qu’il faut se faire une photographie objective, avec dans un premier temps faire des audits financiers et techniques, et puis faire ensuite la certification des ressources minières qui ont été mises à la disposition de la Joint-venture, la Sicomines, et c’est ce que nous avons entrepris », a dit le DG de l’APCSC, qualifiant cet audit d’exercice contractuel normal et non d’acharnement.

 

Face aux allégations contradictoires des deux parties, la certification intégrale des ressources minières des permis N° 9681 et N° 9682 apparaissait comme la seule voie de sortie honorable. En refusant ce contrôle, la Sicomines entretient l’opacité sur les richesses qu’elle exploite.

 

Une défiance aux conséquences lourdes

Ce refus de coopérer pose une question de souveraineté majeure. Comment une entreprise opérant sur le sol congolais et quelque soit son statut, peut-elle s’opposer aux directives d’une agence de régulation nationale, surtout lorsque celles-ci découlent d’un accord convenu aux plus hauts sommets de deux États ?

 

Cette fracture met à nu les limites de ce Contrat Chinois. Entre les besoins pressants de la Chine en minéraux critiques et l’exigence de développement de la RDC, le bras de fer ne fait que commencer. Reste à savoir quelle sera la réaction du gouvernement congolais face à ce qu’il convient désormais d’appeler une rébellion contractuelle.

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La REDACTION

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