« Les masques sont tombés » : L’opposition vent debout contre tout passage en force de Tshisekedi

« Les masques sont tombés » : L’opposition vent debout contre tout passage en force de Tshisekedi

La classe politique congolaise est en ébullition au lendemain de la conférence de presse de Félix Tshisekedi tenue le mercredi 6 Mai à la Cité de l’Union Africaine, à Kinshasa. En ouvrant la porte à une révision constitutionnelle pour briguer un troisième mandat, le Chef de l’État s’est attiré les foudres de l’opposition, qui dénonce une manœuvre anticonstitutionnelle et un « coup d’État institutionnel » rampant.

Le ciel politique de la République Démocratique du Congo, RDC, s’est brutalement assombri ce mercredi 6 Mai 2026 dans la foulée d’une conférence de presse animée par le Président Félix Tshisekedi, dont le second et dernier mandat selon la Constitution actuelle s’achève en 2028, et qui a évoqué la possibilité d’un troisième mandat, conditionné par une révision de la loi fondamentale. Une sortie qui a fait l’effet d’une bombe, déclenchant une levée de boucliers immédiate au sein de la classe politique.

La levée de boucliers de l’opposition

Delly Sesanga, une figure marquante de l’opposition, a été l’un des premiers à réagir, affirmant que « les masques sont tombés ». Pour lui, Félix Tshisekedi manœuvre à découvert pour un troisième mandat par un « plébiscite ». « La RDC peut entrer dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir. Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive », a-t-il déclaré, rappelant le respect de la parole donnée et de la démocratie. Sur la même ligne, l’opposant Claudel Lubaya a asséné un ferme « Ni Mission, Ni 3ème Mandat », rappelant que la Constitution de la RDC, en ses articles 64, 164 et 165, interdit toute transgression de la loi fondamentale, sous peine de haute trahison. « Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit », a-t-il martelé.

« Échec », « trahison » et « paradoxe »

L’indignation est tout aussi vive chez d’autres leaders politiques. François Nzekuye n’a pas hésité à qualifier le Président de « Roi des promesses non tenues », rappelant sa promesse initiale de ne pas se représenter si la sécurité n’était pas rétablie dans l’Est. « En politique, quand on échoue, on démissionne ; on ne change pas la Constitution pour se maintenir au pouvoir, ni ne demande un autre mandat illégitime et anticonstitutionnel au Peuple », a-t-il fustigé. De son côté, la sénatrice Francine Muyumba a dénoncé le paradoxe d’un pouvoir qui, selon elle, priorise la conservation de son fauteuil à la paix et à la stabilité du pays. « C’est véritablement dommage pour une nation qui aspire avant tout à la stabilité, à l’unité nationale et à une paix durable », a-t-elle déploré, qualifiant les manœuvres de « paradoxe politique qui restera dans les annales ».

La réplique de Martin Fayulu annoncée

Face à cette nouvelle donne qui menace de replonger le pays dans une crise politique profonde, l’opposition ne compte pas rester les bras croisés. Martin Fayulu, candidat malheureux aux précédents scrutins et figure de proue de l’opposition, a déjà programmé une conférence de presse « réplique » pour le vendredi 8 Mai 2026.

Alors que le pays est confronté à d’immenses défis sécuritaires et économiques, la question d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi ouvre la voie à une nouvelle crise de légitimité. Le pays se trouve à la croisée des chemins, et l’avenir de la démocratie congolaise semble plus incertain que jamais, pense-t-on dans plusieurs milieux.

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La REDACTION

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