Hantavirus ! La RDC est-elle prête ?
L’épidémie mortelle d’hantavirus, souche des Andes qui frappe le navire de croisière MV Hondius au large de l’Atlantique fait paniquer la Planète et l’alerte sanitaire mondiale vient de franchir un nouveau palier. Avec un taux de létalité foudroyant de 38 %, trois décès confirmés et l’apparition de cas positifs sur le sol français et américain, la menace n’est plus une fiction lointaine. La souche incriminée possède une caractéristique terrifiante avec son mode de transmission d’homme à homme par de simples gouttelettes ou aérosols d’après de sources. Face à ce péril rampant, une question brutale et légitime s’impose, celle de savoir si la République Démocratique du Congo, RDC, est prête à parer à cette éventualité.
En effet, l’hantavirus n’est pas un « simple virus de plus », le tableau clinique décrit par l’Organisation Mondiale de la Santé, OMS, fait froid dans le dos. Les premiers symptômes miment une grippe banale caractérisée par une fièvre, une fatigue intense et de douleurs musculaires. En quelques jours, l’infection bascule en Syndrome Pulmonaire à Hantavirus, SPH, provoquant un œdème aigu et une détresse respiratoire mortelle. Et malheureusement il n’existe aucun vaccin approuvé ni aucun traitement antiviral spécifique. Seule une prise en charge en soins intensifs par intubation et réanimation lourde permet d’espérer la survie.
Dans un monde hyperconnecté où les passagers évacués du MV Hondius voyagent déjà vers plusieurs continents, l’importation d’un cas à Kinshasa, Lubumbashi ou Goma est vraiment à craindre.
L’heure n’est donc plus à la contemplation mais à l’action immédiate. Les autorités gouvernementales congolaises, le Ministère de la Santé en tête, doivent se montrer des architectes de la prévention. Le système de santé du pays, déjà éprouvé par des décennies de lutte contre Ebola et le Mpox, ne survivra pas à l’introduction aveugle d’un virus aussi létal si les verrous de sécurité frontalière et les mesures de prévention sanitaires strictes ne sont pas enclenchés, prévient-on.
Si la RDC a la chance de compter sur l’Institut National de Recherche Biomédicale, INRB, le personnel soignant doit être formé d’urgence pour différencier l’hantavirus de la malaria ou de la typhoïde dès les premiers signaux d’alerte, fait observer un spécialiste.
L’hantavirus, à l’origine une zoonose propagée par les urines, la salive et les excréments de rongeurs sauvages, fait craindre alors que la RDC est pleine des agglomérations congestionnées et les marchés insalubres dans ses villes et cités.
Anticiper l’hantavirus aujourd’hui, c’est sauver la nation d’un désastre sanitaire demain. Ne dit-on pas que Gouverner, c’est prévoir ?. Qu’on se le dise !
