« Du parking à la voie rapide » ou le diagnostic alarmant de la BM sur la situation économique de la RDC

« Du parking à la voie rapide » ou le diagnostic alarmant de la BM sur la situation économique de la RDC

La Banque mondiale, BM, vient de livrer son dernier diagnostic sur l’économie de la République démocratique du Congo, RDC. Entre résilience apparente et fragilités structurelles persistantes, le rapport dessine une trajectoire en deux temps : un pays encore « au parking » de la pauvreté de masse, mais qui tente une accélération vers la « voie rapide » du développement.

 

Malgré en effet un environnement international incertain, l’économie congolaise maintient un cap positif, bien que ralenti.

 

La révisions de croissance indique que le PIB réel devrait s’établir à 5,6 % en 2025 dépassant la moyenne africaine et s’orienter vers 5 % en 2026, contre 6,7 % en 2024. Le revenu par habitant a atteint 772 USD en 2025, marquant une progression notable mais encore insuffisante pour extraire la majorité de la population de la précarité extrême. La BM alerte sur la dépendance minière, mettant à nue la vulnérabilité du pays face aux cours du cuivre et du cobalt, dont les variations dictent le rythme des recettes d’exportation.

 

Une des bonne nouvelles est que l’inflation s’est effondrée de 11,7 % fin 2024 à seulement 2,3 % fin 2025. Le franc congolais s’est même apprécié de 30 % face au dollar. Un exploit rare en RDC, obtenu par une politique monétaire restrictive et des réformes des réserves obligatoires. Mais la dollarisation reste à 87 %.

 

Le rapport souligne que la croissance actuelle reste non inclusive. Plusieurs facteurs maintiennent le pays dans une zone d’attente, marquée par la pauvreté et les inégalités. Sur ce point, avec un indice de développement humain, IDH, qui place la RDC au 180e rang mondial, le sous-emploi touche 73 % de la population.

 

Dans ce tableau, les défis sécuritaires caractérisés principalement par les conflits à l’Est, continuent de peser lourdement sur le budget national, augmentant le déficit public à 2,2 % du PIB en 22024. Les dépenses militaires ont triplé en un an pour atteindre 3,4 % du PIB en 2025.

 

Côté infrastructures, étiquetées « défaillantes », le rapport relève le manque d’entretien des routes et l’accès limité à l’énergie qui freinent la productivité locale.

 

Un autre point particulièrement préoccupant de ce rapport met en évidence les pertes cumulées par les entreprises publiques notamment la Snel, la Regideso, l’Onatta et la Sncc entre 2014 et 2023, atteignant 5,3 milliards de dollars. Soit en moyenne 532 millions $/an, l’équivalent du budget annuel de la santé. La dette des entreprises publiques représente désormais 42 % de la dette extérieure totale du pays, soit 7,3 % du PIB. La raison de cette situation d’après le rapport demeure les nominations aux conseils d’administration qui obéissent au clientélisme qu’au mérite. Les contrats de performance restant lettre morte, sans sanction.

 

Pour passer à la vitesse supérieure, la BM et les autorités congolaises misent sur des réformes de fond, notamment la connectivité nationale avec un financement de 1,49 milliard USD débloqué pour relier l’Est et l’Ouest par la première véritable autoroute du pays et un pont stratégique sur le Lualaba ainsi que la réforme fiscale. Sur ce dernier point, la BM recommande une réévaluation des incitations fiscales pour accroître l’équité et booster les recettes publiques.

Il y a aussi l’efficacité des Projets où l’objectif est de porter le taux de décaissement des projets financés par la BM à 30 % en 2026, signe d’une meilleure capacité d’absorption des fonds.

 

Le diagnostic de ce rapport est clair : si les moteurs de la croissance ronronnent grâce aux mines, le véhicule RDC ne quittera définitivement le « parking » de la pauvreté que si les dividendes de cette croissance sont injectés massivement dans les infrastructures de base et le capital humain.

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La REDACTION

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