Enfin un édit pouvant discipliner les wewa à Kin ! Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?
L’Assemblée provinciale de Kinshasa a adopté le 24 avril 2026 un édit crucial visant à réglementer le secteur des taxi-motos, les fameux « Wewa ». Portée par le député Nicolas Wemakoy, cette initiative vise à mettre fin à l’anarchie routière. Alors que l’application est prévue 90 jours après la promulgation, la capitale s’interroge : ce énième essai marquera-t-il enfin le début de l’ordre ? Car entre la rigueur du texte et la réalité du terrain, le défi reste immense.
Le paysage de la circulation kinoise, souvent décrit comme chaotique, s’apprête à connaître un tournant. Les députés provinciaux de Kinshasa ont adopté à l’unanimité l’édit portant réglementation du transport par taxi-moto, une initiative du député Nicolas Wemakoy. Dès sa promulgation par le Gouverneur de la ville, les acteurs du secteur disposeront de 90 jours pour se conformer. Passé ce délai, le texte prévoit un tour de vis sécuritaire et administratif sans précédent pour assainir un transport devenu aussi indispensable que dangereux.
Ce que prévoit l’édit en question
L’initiative cible d’abord la sécurité des passagers les plus vulnérables. Désormais, le transport de femmes enceintes à terme, d’enfants de moins de 12 ans non accompagnés ou de personnes en état d’ébriété sera formellement interdit.
Au-delà des passagers, c’est le profil même du conducteur qui est passé au crible. Pour mettre fin à certains abus de pouvoir et à l’amateurisme, l’activité est désormais interdite aux militaires, aux policiers, aux fonctionnaires, ainsi qu’aux mineurs et aux étrangers.
Avec cet audit, le « Wewa » pour circuler devra désormais être en règle de documents, une exigence souvent ignorée par le passé. Le permis de conduire, l’assurance, le certificat de contrôle technique et l’autorisation de transport deviennent obligatoires. Sur le plan des équipements, le port du casque tant pour le conducteur que le passager ainsi que d’un gilet ou chasuble doté d’une identification claire sera exigé.
Le respect du Code de la route, la limitation de la vitesse et l’interdiction stricte de conduire sous l’emprise de stupéfiants ou d’alcool complètent cet arsenal de mesures visant à réduire le taux d’accidents.
Et pour garantir l’application de cet édit, le législateur a prévu des sanctions graduées mais fermes. Les contrevenants s’exposent à des amendes allant de 20 000 à 1 000 000 de francs congolais. Plus grave encore, des peines de prison pouvant atteindre 30 jours sont prévues, avec un durcissement systématique en cas de récidive.
Le défi de l’application
Si l’initiative du député Nicolas Wemakoy est saluée par de nombreux observateurs comme un effort nécessaire pour assainir le secteur, la question de l’applicabilité reste centrale. Kinshasa a souvent vu des mesures similaires échouer face à l’indiscipline et au manque de suivi. Néanmoins, l’adoption unanime de cet édit témoigne d’une volonté politique forte de la part de l’Assemblée provinciale pour sécuriser les usagers.
Le compte à rebours est lancé car 90 jours après la promulgation, les « Wewa » devront se conformer ou subir les conséquences de la loi.
