Jacquemain Shabani : Ça passe ou ça casse ce mercredi au Palais du peuple !
Le Palais du peuple s’apprête à vivre l’un des moments les plus électriques de cette législature. Ce mercredi 29 avril 2026, le destin politique de Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-premier ministre et Ministre de l’Intérieur, est sur la balance. Entre ses mains : la sécurité du pays ; face à lui : une motion de défiance qui pourrait tout faire basculer.
En effet, cette motion portée par le député national Laddy Yangotikala est le rendez-vous de vérité. Elle place le « Patron de la Sécurité » au pied du mur. Shabani devra répondre point par point aux failles sécuritaires qui inquiètent l’hémicycle et qui déstabilise l’opinion. Pour ce ministre, un des principaux cadres supérieurs du parti au pouvoir, l’UDPS, cet exercice n’est plus une simple audition, mais un véritable test de survie politique : ça passe ou ça casse.
« Mieux que ses prédécesseurs » ?
Pendant que la tension monte dans les couloirs du Parlement, une voix forte s’élève pour prendre sa défense : celle de Carbone Béni. L’acteur majeur de la société civile ne fait pas dans la dentelle et dresse un bilan contrasté, mais résolument en faveur du VPM. Pour lui, si Shabani dérange, c’est précisément parce qu’il refuse la politique du « m’as-tu-vu ».
« Il est de loin meilleur que ses trois prédécesseurs de l’UDPS ayant occupé cette fonction sous le régime de Félix Tshisekedi », tranche Carbone Béni. Selon lui, Shabani paie le prix de son refus du superficiel. « Là où certains ont privilégié le visible et le circonstanciel, lui s’inscrit dans la structuration et la réforme en profondeur ; des choix dont les résultats ne se mesurent pas dans l’immédiat ».
Dans un pays habitué aux coups d’éclat médiatiques, la méthode Shabani axée sur la réforme structurelle passe mal auprès d’une partie de la classe politique. Mais pour ses soutiens, c’est le seul chemin vers une stabilité réelle. « Dans un contexte habitué au trompe-l’œil, la réforme réelle est souvent mal comprise. Mais c’est pourtant elle qui change durablement les choses. L’ordre doit régner, et l’ordre régnera ! », martèle Carbone Béni.
Encore un test pour la démocratie congolaise
Au-delà du sort d’un homme, c’est l’image de l’Assemblée nationale qui se joue aujourd’hui. Quelques jours seulement après la célébration du 36e anniversaire de l’ouverture démocratique du pays le 24 Avril 1990, les députés ont l’occasion de prouver leur indépendance.
Le Parlement saura-t-il juger sur les faits et les réformes de fond, ou cédera-t-il aux influences politiques du moment ? Entre les exigences sécuritaires légitimes de Laddy Yangotikala et la défense d’une vision à long terme portée par les proches du ministre, le débat s’annonce historique. Verdict attendu dans les prochaines heures sous la coupole du Palais du peuple.
