Nkamba : De la Cité à la Ville Sainte. Comment cela est-il possible ?

Nkamba : De la Cité à la Ville Sainte. Comment cela est-il possible ?
Vue aérienne de la Cité sainte de Nkamba (Photo droits tiers).

Le Président Félix Tshisekedi a annoncé l’élévation de Nkamba, berceau de l’église kimbanguiste, au rang de « Ville Sainte » et entité territoriale décentralisée, ETD. Cette décision synonyme d’un un saut historique vers la modernité visant concrètement à transformer ce centre de pèlerinage mondial du Kongo-Central en une ville moderne, suscite à la fois espoir et interrogations sur les modalités concrètes de cette mutation.

Le 6 Avril 2026, lors de la commémoration du 105ème anniversaire de l’Église kimbanguiste, le Président Congoy a marqué un tournant. Nkamba, connue des fidèles comme la « Nouvelle Jérusalem », ne sera plus simplement une cité administrative, mais une ville à part entière, dotée de la personnalité juridique. Et le 10 Avril 2026, en Conseil des ministres, le Chef de l’État a instruit le Gouvernement, notamment la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, d’engager « sans délai » la procédure formelle pour matérialiser cette promesse par décret. L’objectif, clair, est de sécuriser le patrimoine spirituel et de doter ce haut lieu de pèlerinage d’infrastructures dignes de son statut notamment routes, hôpitaux, universités, et services modernes.

Comment cela est-il possible ?

La transformation d’une cité en ville n’est pas une nouveauté en RDC, mais elle requiert une base juridique solide.

Le Cadre légal en RDC révèle que le statut de ville est régi par la loi n°08/016 du 07 Octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées, ETD. La Constitution et les lois subséquentes permettent à l’Exécutif, par décret, d’ériger une localité ou une cité en ville si elle remplit des critères de taille, d’infrastructures et d’importance administrative ou, dans ce cas, symbolique. La nouvelle « ville sainte » sera probablement subdivisée en communes.

Par le passé le pays a déjà connu de telles mutations, à l’exemple de la ville de Baraka au Sud-Kivu, initialement une simple agglomération, a été érigée en ville par le passé, démontrant la capacité de l’État à reconfigurer l’organisation administrative territoriale. De plus, sans nul doute d’ailleurs, la reconnaissance de Nkamba s’inspire du modèle de Vatican, cité sainte souveraine, justifiant la coexistence de la foi et de l’institution politique.

Cependant, malgré l’enthousiasme, la transformation de Nkamba soulève des questions légitimes dans l’opinion, dont entre autres sur la capacité de gestion, le développement des infrastructures et sur le statut juridique spécifique.

Qu’à cela ne tienne, la mutation de Nkamba en ville n’est pas seulement un acte religieux ; c’est un projet de développement économique pour le Kongo-Central. En devenant une ville, Nkamba bénéficiera d’une autonomie de gestion, attirant potentiellement plus d’investissements, de pèlerins internationaux, et boostant le tourisme religieux et local.

Dossier à suivre donc…

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La REDACTION

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