Parlons-en ! André Wameso a-t-il vraiment convaincu dans l’affaire de millions USD saisis à l’aéroport de N’Djili ?

Parlons-en ! André Wameso a-t-il vraiment convaincu dans l’affaire de millions USD saisis à l’aéroport de N’Djili ?

L’affaire de la saisie record de fonds à l’aéroport de N’Djili a connu un rebondissement majeur avec la sortie médiatique du gouverneur de la Banque centrale du Congo, BCC, André Wameso, la semaine dernière. Avec un montant révisé à la hausse de 3 532 000 dollars américains, loin des 1,9 million initialement évoqués et la désignation d’une messagerie financière agréée comme propriétaire, le gouverneur tente de clore le débat. Cependant, le retard pris pour révéler ces informations, ainsi que le mystère entourant l’identité du propriétaire, laisse l’opinion publique dubitative.

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Selon en effet Wameso, les fonds appartenaient à une « messagerie financière » agréée par la BCC, qui acheminait des espèces pour approvisionner sa clientèle dans l’Est de la RDC, dans des zones sous contrôle gouvernemental. Le gouverneur a justifié le montant élevé par des besoins en liquidités, tout en admettant que la quantité de fonds contrôlés à l’aéroport était supérieure à celle déclarée initialement.

Cet argument se heurte cependant à une question de bon sens : si tout était « officiel » et « autorisé », pourquoi les services de sécurité aéroportuaires, censés être informés de tels mouvements sensibles, ont-ils procédé à une saisie ?

Dans la même optique, une autre déclaration très critiquée est le refus de dévoiler le nom de cette messagerie financière, officiellement pour ne pas entraver l’enquête en cours. Dans un climat de haute méfiance, le silence sur l’identité de l’institution financière laisse libre cours aux spéculations : s’agit-il d’une structure écran ? Comment une telle somme a-t-elle pu être transportée de manière aussi opaque ?

La question du délai vient aussi s’y mêler : pourquoi maintenant ?L’argumentaire d’André Wameso, bien qu’il vise à rassurer sur la légalité de l’opération, ne répond pas à l’impatience de l’opinion congolaise. Les fonds ont été saisis le 22 Mars. Il aura fallu plus de deux semaines pour que la Banque centrale apporte cet éclairage, un délai jugé anormalement long pour un dossier impliquant des millions de dollars et des enjeux de sécurité nationale. Les interrogations persistent : ce délai a-t-il servi à « régulariser » des documents ?

Dans cette affaire qui est loin d’être close, le gouverneur de la BCC affirme que la messagerie était autorisée, il renvoie la suite des enquêtes aux services de sécurité pour vérifier la régularité de la procédure. Le procureur général près la Cour de cassation, saisi par le ministre de la Justice, devra faire la lumière sur cette opération qui, malgré les éclaircissements de la BCC, ressemble pour beaucoup à une tentative de blanchiment ou à un trafic de devises dissimulé sous un agrément officiel.

En tentant de rassurer, André Wameso a surtout ouvert une boîte de Pandore. Si la BCC affirme la légalité de l’opération, l’absence de transparence sur l’identité de l’acteur concerné et la confusion sur les montants laissent un goût d’inachevé. Pour l’heure, l’opinion reste sur sa faim : entre légalité affichée et réalité de terrain, le fossé semble encore trop large pour convaincre totalement.

L’affaire est donc loin d’avoir livré tous ses secrets.

Dossier à suivre !

 

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La REDACTION

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