Pollution de quartiers de Lubumbashi par CDM : Les sanctions administratives seules ne suffisent plus…
L’actualité à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, continue d’être dominée par ce grave incident environnemental survenu depuis le début de la semaine en cours, avec la fuite d’effluents industriels issus des bassins de Congo Dongfang Mining, CDM, filiale du géant chinois Huayou Cobalt, qui a inondé plusieurs quartiers périphériques de la ville cuprifère. Partout, des mares acides et des odeurs métalliques ont envahi les ruelles, semant la panique. L’eau est devenue verte et les poissons meurent à cause de cette pollution chimique. Face à ce scandale qui a suscité une tôlée populaire, le ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, arrivé sur place le 6 Novembre 2025, a pris de mesures contre cette entreprise incriminée.
Dans plusieurs quartiers périphériques de Lubumbashi en effet, l’eau a pris une teinte verte, des mares acides et des odeurs métalliques ont envahi les ruelle, inondé de routes, des poissons morts s’étalant partout,… Les habitants ont vu leur environnement basculer dans l’invisible danger d’une pollution chimique. C’est la panique et avec elle la colère. A la base, une fuite d’effluents industriels contenant de l’acide et issus des bassins de Congo Dongfang Mining, CDM.
En plus de ça, les riverains redoutent une pollution des rivières avoisinantes utilisées pour la cuisine, la lessive ou l’irrigation. Plusieurs potagers auraient déjà été touchés, suscitant des plaintes d’agriculteurs locaux.
Alors que des ONG environnementales appellent à la vigilance, déconseillant de consommer les poissons morts ou proposés à bas prix sur les marchés, évoquant un risque sanitaire majeur, des habitants dénoncent une récurrence de telles fuites dans cette zone, pointant la négligence de CDM dans la gestion de ses déchets liquides.
Les autorités provinciales, principalement le Gouverneur à.i. du Haut-Katanga, Martin Kazembe, et le maire intérimaire de Lubumbashi, qui étaient les premières à atterrir sur les lieux quelques heures après l’alerte, avaient exigé une réaction immédiate de l’entreprise pour contenir les dégâts.
Arrivé à Lubumbashi le jeudi 6 novembre 2025 vers 2 heures du matin, le ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, est descendu à son tour sur place pour inspecter les lieux. Et ce qu’il découvre dépasse les premières alertes d’après de sources : le bassin de rejet incriminé, mal conçu et mal entretenu, ne respecte aucune norme internationale. Pas de système de contrôle, ni de plan d’urgence. Aucune barrière d’étanchéité efficace, et un dispositif de drainage quasi inexistant.
Face à l’ampleur du désastre, Louis Watum a, après avoir reçu des explications jugées « insuffisantes et évasives », des responsables de Congo Dongfang Mining, décidé de la suspension immédiate à dater de ce 6 novembre 2025, des activités du site incriminé pour une durée de trois mois, renouvelable s’il le faudra.

Durant cette période, CDM devra entre autres maintenir les salaires de tous les employés concernés ; réparer les dommages environnementaux constatés ; indemniser les populations affectées ; et s’acquitter des pénalités prévues par le Code minier.
Cette situation qui est loin d’être seulement technique est plus systémique, compte tenu de plusieurs alertes émises par des riverains et des ONG à en croire de sources. Car malgré tout, la société CDM avait continué d’opérer sans réelle supervision, symbole des failles chroniques du contrôle environnemental. À cet effet une commission technique mixte a été instituée en vue d’identifier les causes exactes de l’incident et établir les responsabilités à chaque niveau, y compris au sein des services de contrôle public.
Pour certains observateurs, l’Etat Congolais doit aller au-delà de ces mesures réglementaires et administratives, et laisser place à des procédures judiciaires en bonne et due forme pour que justice soit faite. L’action judiciaire avec ses pouvoirs contraignants à le mérite d’être plus dissuasive soutient-on. Le cas de CDM étant un exemple parmi tant d’autres qui polluent et troublent la vie de la population que le Pouvoir public a le droit le plus sacré de protéger.
