RDC : Les élections pourront-elles avoir lieu en 2028 ? La réponse du speaker adjoint de la Chambre basse
Au cours de la plénière du jeudi 23 Avril 2026, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, 1er Vice-président de l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo, RDC, a posé le retour de la paix une condition sine qua non à la tenue des prochaines élections générales prévues en 2028. Pour le cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, il est impensable d’organiser un scrutin crédible sous le poids de la guerre actuelle.
La question de la faisabilité du cycle électoral de 2028, devant marquer la fin du second mandat de Félix Tshisekedi, occupe de plus en plus le débat politique congolais. S’exprimant lors de la plénière du 23 Avril 2026, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi a adopté une posture ferme, liant directement l’organisation des élections à la situation sécuritaire, particulièrement dans l’Est du pays.
Pour ce professeur d’université et haut cadre du parti présidentiel, le contexte de guerre actuel, caractérisé par des affrontements dans l’est du pays et le déplacement de sept millions de compatriotes, rend impossible un « exercice libre du choix ».
« Tant que la guerre n’est pas terminée, il est clairement notable que l’on ne peut pas aller à une élection dans les conditions d’une guerre qui a poussé euh sept millions de nos compatriotes en dehors du pays les obligeant ainsi à ne pas participer à l’expression libre de leur choix », a déclaré Jean-Claude Tshilumbayi.
Anticipant les critiques de l’opposition qui parle de glissement sur un éventuel report du scrutin, le 1er Vice-président de l’Assemblée nationale a plaidé pour le bon sens, comparant la situation de la RDC à celle de l’Ukraine. « Ce n’est pas un glissement c’est un principe normal que l’on ne tienne pas les élections dans des conditions de guerre. L’Ukraine c’est une démocratie qui n’arrive pas tenir des élections parce qu’elle ne peut pas les tenir sous les armes », a-t-il soutenu.
Selon M. Tshilumbayi, la paix ne doit pas seulement se manifester par le « silence des armes », mais aussi par la réinstallation effective des populations déplacées dans leurs milieux de vie, afin qu’elles puissent jouir de leur droit de suffrage.
Ces déclarations interviennent dans un climat de vive tension, alors que pour des analystes le débat sur la succession du président Tshisekedi constitue encore une ligne rouge à ne pas franchir même au niveau de la Majorité présidentielle. Au niveau des institutions du pays dominée par cette Majorité, toutes les énergies sont encore concentrées sur la situation sécuritaire au pays.
