10 ans après : Si la légende Papa Wemba nous était contée

10 ans après : Si la légende Papa Wemba nous était contée

Le 24 Avril 2016, le rideau tombait tragiquement à Abidjan, en plein Festival des musiques urbaines d’Anoumab, Femua. Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, s’effondrait sur scène, micro à la main, entamant sa quatrième chanson. Dix ans plus tard, en 2026, la ferveur autour du « Roi de la Rumba » ne faiblit pas. Récit essentiel d’une épopée musicale, d’un homme né pour chanter et parti en roi, au sommet de son art.

Né en 1949 à Lubefu dans l’actuelle province du Sankuru, Papa Wemba est l’enfant de la balle. Sa mère, pleureuse professionnelle, lui transmet très tôt l’art de la voix et l’émotion du chant. A Kinshasa, il devient une icône de la jeunesse dès les années 70, cofondateur du légendaire Zaïko Langa Langa avant de créer Yoka Lokole, puis sa propre institution : Viva La Musica en 1977.

Son génie réside dans sa capacité à moderniser la rumba congolaise, en y mêlant des sonorités soukous et une sensibilité « world music » qui le propulse sur les scènes internationales, notamment grâce à sa signature chez Realworld, le label de Peter Gabriel, dans les années 90.

Les prouesses et l’élégance : « Kolo Histoire »

Papa Wemba n’était pas seulement une voix ; il était une philosophie. Pape de la SAPE, il a érigé la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes, SAPE, tout justement, en art de vivre, transformant la sape en un mouvement mondial de dandysme congolais.

Pionnier de la Musique, « Bokul » avec des titres immortels tels que Mère Supérieure, Maria Valencia, Yolele, Santa, Show me the way, M’Zée Fula Ngenge, l’Esclave, Maman, Au nom de l’amour ou Foridoles, il a fait danser plusieurs générations.

En « Maître d’école » il a formé ou influencé des stars comme Koffi Olomidé, King Kester Emeneya, ou Reddy Amissi, faisant de Viva la Musica une véritable académie musicale.

Dix ans après sa disparition, Papa Wemba n’est pas mort, il a simplement changé de scène. Son héritage à la musique congolaise est immense et se caractérise par la pérennisation de la Rumba, où Il a réussi à faire le pont entre la rumba classique de Luambo et la rumba moderne, laissant une discographie de 46 albums studios. Il a réussi également la transmission de son nom qui reste synonyme d’exigence vocale et d’élégance scénique. Son festival « Que Viva Papa Wemba » et le Musée national de la rumba, à Kinshasa, continuent de célébrer son œuvre. Il a aussi réussi une influence intemporelle avec des projets musicaux qui continuent d’éclore pour faire vivre sa mémoire, témoignant de l’impact impérissable du « Roi de la Rumba« .

Sa prophétie sur la rumba

Parlant de lui-même et de la rumba, Papa Wemba  ne s’ignorait pas, en ayant en plus une vision qu’aucun autre n’avait sur la rumba.

« J’appartiens à une génération où la transmission du savoir se faisait des parents aux fils, des aînés aux petits frères. Aujourd’hui, je perpétue cette tradition ; loin de moi l’idée de vouloir corriger les cahiers des uns et des autres, dans le cadre musical j’entends, se justifie l’artiste. Mon message est simple. Il est contenu dans mon dernier album, Maître d’école. En revanche, à l’égard de tous ceux ou toutes celles qui s’interrogent sur la survie de la rumba, n’ayez aucune crainte. La rumba est la maternité de la musique africaine. Rien n’entravera son hégémonie. Elle survivra… »

En 2026, au-delà de la nostalgie, c’est la célébration d’un génie qui a su porter haut le flambeau de la culture congolaise à travers le monde.

« L’homme s’en est allé, l’artiste, lui, demeure plus vivant que jamais dans les cœurs, les rythmes et les mélodies », comme le rappellent les hommages organisés pour ce 10ème anniversaire.

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La REDACTION

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