Opposition : Quand « l’insider » Kabund et « l’animal politique » Elesse coalisent pour faire bouger les lignes
Alors que la République Démocratique du Congo, RDC, commémorait le 24 Avril dernier les 37 ans de l’ouverture et la libération de l’espace démocratique intervenues en 1990 sous Mobutu, avec la fin du régime de parti unique, parti-Etat, Jean-Marc Kabund-a-Kabund en a profité pour marquer également, par une manifestation politique, les quatre ans de sa traversée dans l’opposition. A ce niveau, il mène sa lutte non seulement avec son parti Alliance pour le changement, A.Ch, mais également avec la Coalition de la Gauche Congolaise, CGC, plateforme regroupant plusieurs organisations politiques et de la Société civile, où il compte un allié de taille, Jean-Marie Elesse Bokokoma pour ne pas le citer.
A cette occasion marquant le premier anniversaire de l’enregistrement officiel de son parti auprès du ministère de l’Intérieur, et du quatrième anniversaire de sa création, l’ancien président du parti au pouvoir a dénoncé les maux qu’il attribue au régime Tshisekedi, notamment la mauvaise gouvernance caractérisée par la corruption qu’il considère comme la cause principale de la famine, du manque d’électricité et d’eau potable, ainsi que de l’enclavement des provinces.
Devant un parterre de militants et une bonne brochette de ses partenaires de l’opposition, Jean-Marc Kabund a même donné de chiffres pour soutenir ses affirmations.
« 85 % des Congolais n’ont pas accès à l’électricité. Ils ne savent pas ce qu’on appelle courant électrique. 74 %, voire 75 % n’ont pas non plus accès à l’eau potable », a-t-il déclaré. Selon lui, les dirigeants actuels « empochent l’argent qui devait servir à construire le pays ».
La CGC, une grosse machine avec un duo redoutable aux commandes
Lancée le 18 Juin 2025 à Kinshasa et présidée par Jean-Marc Kabund, la Coalition de la Gauche Congolaise, CGC, continue de tisser sa toile à l’image de ses ambitions présentes et futures. Sa Coordination exécutive nationale étant dirigée par Jean-Marie Elesse.
Les deux personnalités forment aujourd’hui une alliance stratégique de poids au sein de l’opposition en République Démocratique du Congo, RDC, réunissant deux figures aux profils complémentaires pour défier le pouvoir en place.
Ancien président par intérim de l’UDPS le parti au pouvoir et ex-premier vice-président de l’Assemblée nationale, aujourd’hui leader du parti Alliance pour le Changemen, A.Ch, et récemment libéré de prison en février 2026, Jean-Marc Kabund a radicalisé son discours, appelant à une « transition sans Tshisekedi ».
Kabund conserve une base militante active, notamment à Kinshasa en bénéficiant d’une crédibilité de « l’insider ». En tant qu’ancien bras droit du président Félix Tshisekedi, Kabund prétend connaître les faiblesses internes du régime, ce qui rend ses critiques particulièrement incisives.
Pour sa part, Jean-Marie Elesse Bokokoma qui est également Président du parti Rassemblement pour la reconstruction du Congo, RRC, traîne avec lui une expérience et une carrière politiques que peu d’acteurs de la scène publique aujourd’hui peuvent égaler.
Cet homme de la génération des « jeunes turcs » qui avaient fait bouger la Conférence nationale souveraine, CNS, est aussi réputé pour avoir une bonne connaissance des rouages politiques. Un animal politique avec un flair et une lucidité d’un véritable vertébré.
Les deux hommes se rejoignent sur la nécessité notamment d’un « dialogue national inclusif » et dénoncent fermement les projets de réforme constitutionnelle qu’ils qualifient de « faux débats ».
Dans une période de recomposition de l’opposition congolaise en vue des grands enjeux qui se dessinent, ce duo qui doit être très pris au sérieux et pouvant faire bouger les lignes, cherche sans nul doute à se positionner comme le pôle principal de résistance, en multipliant les contacts avec d’autres leaders pour former un bloc uni.
