Nyoka Longo trahit ! Les danseuses de Zaïko se font la belle à Paris
C’est un réveil aux allures de gueule de bois pour Zaïko Langa Langa Nkolo Mboka. Alors que les échos de la rumba électrique résonnent encore dans la capitale française, une nouvelle vient ternir l’éclat de la fête, plusieurs danseuses de l’orchestre manquent à l’appel. Une « disparition » organisée qui pose de sérieuses questions sur l’avenir des tournées internationales du groupe.
Le concert était pourtant historique. Sous la houlette du « Vieux Bombas », Jossart Nyoka Longo, Zaïko Langa Langa venait de prouver au Zénith de Paris que sa légende était intacte. Mais une fois les projecteurs éteints et les valises bouclées pour la suite des événements, le constat est tombé, brutal, une partie du contingent des danseuses s’est volatilisée dans la nature parisienne.
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C’est un scénario qui se répète car ce n’est malheureusement pas une première dans l’histoire de la musique congolaise, mais le timing ici interpelle. En choisissant le lendemain d’un triomphe pour « se faire la belle », ces artistes mettent leur employeur dans une situation plus qu’inconfortable. Pour ces jeunes femmes, l’Europe représente souvent l’Eldorado, quitte à basculer dans la clandestinité et à sacrifier une carrière professionnelle au pays.
Des conséquences lourdes pour Nyoka Longo
Au-delà de la déception humaine pour Jossart Nyoka Longo, les répercussions pourraient être désastreuses. Il y a d’abord l’image de marque. Comment justifier le sérieux d’une institution cinquantenaire quand ses membres utilisent la scène comme un simple tremplin vers l’immigration illégale ?
Il y a ensuite le casse-tête administratif, du fait que le groupe s’expose désormais à des sanctions sévères de la part des autorités migratoires françaises. À l’avenir, l’obtention de visas pour l’ensemble de l’orchestre pourrait devenir un véritable parcours du combattant, les ambassades durcissant systématiquement les conditions après de tels incidents.
On peut également se demander si comment poursuivre une tournée avec une section chorégraphique amputée de ses éléments clés.
Cette fuite relance le débat sur les conditions de vie des artistes en République Démocratique du Congo, RDC, et la responsabilité des chefs d’orchestre. Mais elle interpelle surtout sur la solidarité au sein de nos ambassadeurs culturels. En fuyant, ces danseuses ne ferment-elles pas la porte à tous les autres artistes qui rêvent, eux aussi, de fouler les planches européennes ?
Le triomphe du Zénith méritait une meilleure conclusion. Aujourd’hui, Zaïko brille à Paris, mais ses rangs sont clairsemés, laissant un goût amer de trahison derrière le rideau.
