Goma : Ces espoirs suscités avec l’arrivée par avion de la Cheffe de la Monusco
Après plus d’une année de silence sur le tarmac, l’aéroport international de Goma a renoué avec le vrombissement des réacteurs ce jeudi 12 Février 2025. Un atterrissage loin d’être anodin, puisque l’appareil transportait Vivian van de Perre, responsable de la MONUSCO, marquant ainsi une étape symbolique et stratégique pour le Nord-Kivu.
Depuis Janvier 2025 et à la suite de l’occupation par les forces rwandaises, la capitale provinciale vivait en effet coupée du ciel. La fermeture de cet aéroport, point névralgique pour le commerce et l’humanitaire, avait aggravé l’asphyxie d’une ville déjà encerclée par les tensions sécuritaires. Ce jeudi, le retour d’une liaison aérienne régulière semble briser ce siège invisible et sonner ainsi la fin d’un isolement asphyxiant.
Venue â cete occasion pour appuyer l’opérationnalisation du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, Vivian van de Perre n’a pas caché l’émotion liée à ce voyage.
« Le 26 janvier 2025, j’étais à bord du dernier avion à atterrir à l’aéroport de Goma. Aujourd’hui, je me trouve à bord du premier appareil à y atterrir de nouveau », a-t-elle déclaré à sa descente d’avion.
Pour la cheffe de la mission onusienne, ce vol doit être le catalyseur d’une « réouverture progressive de l’aéroport, au bénéfice de la population ».
Au-delà de la logistique, cette reprise des vols est un signal fort envoyé aux acteurs du conflit. Le mécanisme de suivi, au cœur de la mission de Van de Perre, vise à documenter les violations et à consolider un cessez-le-feu encore précaire. Pour les habitants de Goma, c’est aussi l’espoir de voir l’aide humanitaire et le ravitaillement circuler de nouveau avec fluidité.
Si l’atterrissage de ce jeudi est perçu comme une victoire diplomatique issue des discussions avec les autorités congolaises, la prudence reste le maître-mot. Dans une région où les équilibres basculent rapidement, ce premier vol est un symbole d’espoir fragile.
La population attend désormais que ce « nouveau chapitre » se traduise par une stabilisation durable et que le ciel de Goma reste, cette fois-ci, définitivement ouvert.
Au-delà de tout, tous les observateurs avertis sont surtout d’avis que cette réouverture serait le résultat de la pression de Washington sur Kigali.
