Les attentes des Congolais à l’U.S.-Africa Leaders Summit

Les attentes des Congolais à l’U.S.-Africa Leaders Summit

Washington, capitale des Etats-Unis, accueille du 13 au 15 décembre 2022, U.S.-Africa Leaders Summit ou le Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique. L’occasion pour le Président américain Joe Biden d’échanger directement avec des dirigeants africains sur l’établissement de partenariat du 21e siècle ainsi que certains défis les plus urgents au monde, de la pandémie et du changement aux conséquences négatives de l’invasion de l’Ukraine, en passant par les questions touchant la démocratie et le gouvernement, la sécurité, le commerce, l’investissement et le développement. La présence du Chef de l’Etat Congolais Félix Tshisekedi à ce rendez-vous aux Etats-Unis suscite bien des attentes auprès des Congolais.

L’arrivée du Républicain, Donald Trump au pouvoir en 2014 avait marqué un coup d’arrêt dans les relations américano-africaines. Durant son magistère, l’ancien président des Etats-Unis n’avait manifesté aucun intérêt pour le continent africain. Une entorse au cours de l’histoire que son successeur, le Démocrate Joe Biden tente de réparer en organisant ce sommet avec les dirigeants africains du 13 au 15 décembre 2022, où sont attendus 49 gouvernements, la Commission de l’Union africaine, la société civile, les entreprises et le secteur privé, les jeunes dirigeants et la Diaspora.

Pour la secrétaire adjointe aux affaires africaines, Molly Phee, ce sera une occasion pour le secrétaire d’Etat, Antony Blinken de « consolider ses relations de travail avec ses pairs et aussi d’approfondir vraiment nos discussions sur des questions prioritaires pour les Africains et pour les Américains ». « Ces questions incluent le changement climatique, la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire », précise-t-elle.

L’intérêt pour la RDC

Ce sommet se tient au moment où la République démocratique du Congo, RDC, est victime de l’agression rwandaise sous couvert du M23. Les Etats-Unis, à l’instar d’autres puissances du monde, n’ont eu de cesse ces derniers temps de dénoncer le soutien du régime de Paul Kagame à ce mouvement étiqueté terroriste par Kinshasa en demandant instamment à Kigali de cesser ce soutien. Et tout le monde n’ignore pas l’influence que peuvent avoir les Etats-Unis sur le Rwanda et sur Kagame son président.

Ainsi pour les Congolais, le moment est opportun pour l’administration américaine d’appuyer comme il faut sur le bouton pour que Paul Kagame s’exécute et que le M23 appuyé tout justement par l’armée rwandaise libère les zones occupées sur le territoire congolais dans la province du Nord-Kivu précisément. Un avis que partagent plusieurs analystes.

Bien que l’U.S.-Africa Leaders Summit soit d’essence multilatérale, les Congolais espèrent que de questions d’intérêts communs entre la RDC et les Etats-Unis seront traités avec la présence à Washington de Félix Tshisekedi et de Joe Biden ainsi que d’autres officiels de deux pays respectifs.

En parallèle, l’influence américaine est aussi attendue au niveau du Conseil de sécurité des Nations-Unies, pour que soit finalement levé les derniers verrous à l’embargo sur les armes qui continuent de peser sur la Rdc et qui l’empêche d’assurer comme il faut sa sécurité, au moment où ses protagonistes sont vantés d’être super équipés en armement.

L’attente du dénouement de préoccupations sécuritaires liées particulièrement à l’agression rwandaise sous couvert du M23, tient au plus haut point l’esprit des Congolais pour le moment, que d’autres questions, liées notamment à la matérialisation des investissements américains tant attendus en Rdc sont renvoyées au second niveau des attentes des Congolais, soutient-t-on encore.

Il sied de signaler que certains Etats africains ne seront pas au rendez-vous. « Par respect pour l’Union africaine, nous n’avons pas invité les gouvernements qui ont été suspendus par l’Union africaine pour coups d’Etat… Concernant les pays que nous n’avons pas invités, il s’agit des pays qui ne sont pas en règle avec l’Union africaine. Cela inclut le Mali, le Soudan, la Guinée et le Burkina Faso (secoués par des coups d’Etat militaires)… nous n’avons pas non plus invité des pays avec lesquels nous n’avons pas de relations diplomatiques, comme l’Erythrée », a annoncé le directeur principal des Affaires africaines Judd Devermont, dans une communication faite tout récemment à cet effet.