Guerre déclarée contre la machine référendaire !
La République Démocratique du Congo, RDC, s’enfonce de plus en plus dans une zone de haute tension politique. D’un côté, l’Assemblée nationale a déclaré recevable la proposition de loi Ngondankoy fixant l’organisation du référendum. De l’autre, l’opposition a boycotté les travaux parlementaires et appelle à des journées « ville morte », dénonçant un stratagème du pouvoir pour s’octroyer un troisième mandat.
La Commission politique, administrative et juridique, PAJ, de l’Assemblée nationale a en effet validé le mercredi 27 Mai 2026, moyennant amendements, la proposition de loi de l’élu Paul Gaspard Ngondankoy. Ce texte crucial fixe les conditions et le cadre juridique d’organisation d’un référendum. Pour l’Union Sacrée de la Nation, USN, et le parti présidentiel, Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, cette initiative ne relève pas d’un coup d’État, mais d’une refondation institutionnelle nécessaire pour adapter la Constitution aux réalités actuelles du pays et garantir la souveraineté du peuple. Des consultations et des dépôts de mémorandums ont d’ailleurs été enclenchés pour fédérer les forces vives autour de cette perspective.
Face à ce rouleau compresseur législatif, les ténors de l’opposition ont décidé de hausser le ton. L’unique force d’opposition à la chambre basse, le groupe parlementaire « Ensemble », a claqué la porte et boycotté les plénières, qualifiant le texte de « rébellion contre la Constitution ». Des leaders comme Delly Sesanga et Prince Epenge n’hésitent plus à parler de « coup d’État constitutionnel ». Pour eux, l’objectif inavoué du pouvoir est de modifier l’article 220 de la Constitution, une disposition verrouillée qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. L’opposition craint que le référendum ne serve de tremplin pour prolonger indirectement la présidence de Félix Tshisekedi au-delà de ses mandats constitutionnels initiaux.
Ainsi, le bras de fer a quitté l’hémicycle pour s’inviter sur le bitume. Réunie au sein d’une fronde, l’opposition a appelé la population kinoise et les Congolais à observer une journée « ville morte ». Cet appel au boycott général semble avoir déjà un impact visible dans les rues de Kinshasa et a donné lieu à des altercations ponctuelles dans certains fiefs le jeudi 28 Mai, notamment dans la commune de Masina, où le ton a été donné, avec une situation sécuritaire momentanément tendue à la suite de la perturbation de la circulation à cause de pneus brûlés sur le boulevard Lumumba.
Entre la détermination affichée de la Majorité à concrétiser sa vision de réformes et la fronde radicale menée par les opposants, l’arène politique congolaise est plus divisée que jamais. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir institutionnel du pays.
