La RDC impose la gouvernance des ressources naturelles au Conseil de sécurité de l’ONU
Pour la première fois sous sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies, la République Démocratique du Congo, RDC, cherche à institutionnaliser la gouvernance des ressources naturelles comme un enjeu central de paix et de sécurité. Lors d’une réunion au format « Arria » tenue à New York, Kinshasa a appelé à combler les « lacunes normatives » internationales actuelles.
En clair, Kinshasa refuse désormais que la question des ressources naturelles soit cantonnée aux seuls aspects économiques ou commerciaux. La présidence congolaise s’efforce de faire reconnaître ce sujet comme un impératif de paix et de sécurité, relevant de la compétence directe du Conseil de sécurité de l’ONU.
Cette initiative intervient dans un contexte mondial critique, marqué par l’explosion de la demande en minerais stratégiques indispensables aux batteries, aux technologies numériques et à la transition énergétique. Le gouvernement congolais rappelle avec insistance que de multiples crises actuelles restent alimentées par l’exploitation illicite de ces ressources. Pour y remédier, il préconise une gouvernance globale basée sur la transparence accrue, la traçabilité stricte, la responsabilité partagée et une répartition équitable des bénéfices.
La formule « Arria » choisie pour la rencontre du 13 Juillet a permis d’associer les États membres du Conseil de sécurité à des organisations régionales, des universitaires, des représentants de la société civile et des acteurs du secteur privé. Cet espace de dialogue élargi a servi de rampe de lancement pour préparer le débat politique crucial du 22 juillet sous le thème : « la gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».
L’ambition affichée est d’amener l’ONU à traiter les ressources naturelles non plus uniquement comme un domaine économique et commercial, mais comme un véritable pilier de la prévention des conflits et de la sécurité mondiale. La RDC cherche moins à arracher des résolutions immédiates qu’à installer définitivement la gestion des matières premières au Panthéon des grands enjeux de la sécurité mondiale, au même titre que les régimes de sanctions ou la protection des civils.
